3 décembre 2020
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Punch Drunk Love : Stupéfiant !

Dans "Punch Drunk Love", Barry Egan est un homme comme vous et moi, enfin pas tout à fait... Un beau jour, l'amour lui tombe dessus comme ça, paf, comme un harmonium déposé dans la rue. Ce type, pas mal paumé, un peu dégénéré et accessoirement hors norme, le spectateur va se faire un plaisir de le suivre durant ses pérégrinations qui relèvent à la fois du burlesque (voire de l'absurde), du mélo (oh que c'est beau l¹amour inattendu!) mais aussi du drame (Barry casse des vitres et des portes à cause de l¹univers matriarcal et donc castrateur dans lequel il a été élevé).

Dans son existence remplie de gadgets débiles, de boites de puddings (n'en dévoilons pas plus) et de soeurs (sept au compteur), va surgir Lena et en même temps que Lena un désordre envahissant. Car Barry a craqué pour elle et ses agissements jusqu'alors bizarres vont à ce moment prendre une tournure franchement insensée. Il devient complètement imprévisible, ses actes n'obéissent plus à la moindre logique et cette attitude pulsionnelle contamine la mise en scène sur laquelle on ne peut jamais anticiper: la caméra suit Barry, le cadre se resserre brutalement puis le champ s'élargit.

Soudain, gros plan sur le visage puis la caméra s¹éloigne pour ensuite revenir,... le tout étant imprégné de sons dissonants et insistants qui mettent nos sens en déroute. L'interprétation dans "Punch Drunk Love" des deux acteurs principaux (Adam Sandler et Émily Watson, étourdissants) vient encore renforcer ces sensations multiples et tourbillonnantes. Au final, tout cela donne naissance à des situations et des formes inédites sur grand écran et de ce fait particulièrement réjouissantes. Un film qui bouleverse nos habitudes et qui, en contrepoint du magnifique et choral "Magnolia", ne dévoile sa richesse que dans le concentré le plus pur, en évitant toutes fioritures.

Au terme d'une projection qui aura semblé durer une demi-heure à peine, nous sortons de "Punch Drunk Love" avec en tête plein d'images et de couleurs, et la certitude que P.T. Anderson est décidément un metteur en scène hors du commun.

Auteure :Caroline Cranskens
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