20 janvier 2020
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Quantum Of Solace de Marc Foster : La critique

Le nouveau Bond a la vengeance dans la peau... Silence. Flashs... Des voitures, des roues, des leviers de vitesse et des compteurs kilométriques. Le début du film "Cars" des studios Pixar ? Non ! Le nouveau Bond. Accélération, et hop, nous y voilà. Première course poursuite, une heure à peine après les derniers événements de "Casino Royale". James Bond est en fâcheuse posture, coursé en pleine montagne italienne. Un interrogatoire qui tourne mal, et une petite morale en guise de première conclusion : on ne peut se fier à personne. 

Le générique confirme qu'on est définitivement entré dans une autre ère "bondienne"... Pas de barillets et d'iris en guise de pré-générique. Les jolies filles ? Elles arrivent tardivement.. Tiens, les producteurs, Barbara Boccoli en tête, auraient-ils quelque peu écouté les nombreux fans de l'agent 007 ? Ces derniers avaient émis leurs critiques (souvent cinglantes) à l'encontre de "Casino Royale"... D'où, semble t-il, quelques corrections opérés pour cette nouvelle aventure. Ainsi Daniel Craig, jugé trop blond, passe au châtain clair. Il a aussi changé de styliste pour ses costards, qu'il porte nettement mieux. Cela pourrait paraître anecdotique. Cela ne l'est pas tant que ça, tellement la quasi totalité du film tient sur ses épaules musclées.

On avait aussi reproché à "Casino Royale" son manque d'humour, ce second volet se corrige, même si cela reste un point faible de Daniel Craig, qui n'a pas l'œil pétillant d'un Sean Connery. Finalement, on retrouve un peu du Bond qui a fait le succès d'une saga en 22 épisodes (25 si on compte les « non-autorisés »). Toutefois, cela s'arrête là. Toujours pas de gadgets, un peu de Ford (monospace de père de famille, ARG !) tout de même alors que l'agent 007 conduit traditionnellement une Aston Martin. Et puis, surtout, un scénario qui mêle pétrole, eau, et finance internationale. Anachronique, certes, si l'on considère que tout cela se passe au début de la carrière de Bond, donc avant l'apparition du Dr No, c'était en 1962... Mais passons...

Le souci premier de "Quantum Of Solace" demeure une indéniable volonté de "renouveau", qui semble balayer au passage tous les Bond sortis depuis les années 60. Je confesse bien volontiers de ne guère être convaincue du bien-fondé de la démarche... Notons au passage que le méchant de service, Dominic Greene, est joué par un français, Mathieu Amalric. Certes pas mauvais, mais loin de ses meilleures interprétations. Il faut dire, qu'en général, la psychologie des personnages passe à la trappe, les méchants de service ne faisant pas exception à la règle... Même celle du héros, censé être en quête de vengeance, se passe de commentaires.

Entre psychologie de café du commerce et mâchoires serrées, on est presque à la hauteur de Tom Cruise dans "Mission Impossible". D'ailleurs, vu que ce James n'est pas classe, pas drôle et n'a pas de gadgets, il est un mix entre un "Mission Impossible" (allez, soyons gentils, prenons celui de De Palma) et une "Vengeance dans la peau". D'ailleurs le film table même sur une poursuite analogue sur les toits d'une ville, en traversant des fenêtres et des balcons, comme le faisait Jason Bourne. La comparaison s'impose alors. Et elle ne s'exerce pas au détriment de Matt Damon...

"Quantum Of Solace", c'est donc un film d'action comme un autre, qui n'a plus de Bond que le nom, et un thème entendu de loin en loin,  de temps en temps. Je sais que c'est un avis tout personnel, mais dans le même genre, je préfère largement la trilogie Bourne, et me refaire un "James Bond contre Dr No", un "Opération Tonnerre" avec Sean Connery ou même un "Goldeneye" avec Pierce Brosnan, juste pour le plaisir de retrouver le Bond que j'aime... 

Auteure:Fadette Drouard
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