6 décembre 2019
Critiques

Radin ! : Radin, même en rire !

Non, je vous l'assure, je n'ai rien contre Dany Boon. Mais voilà, les faits sont là, les comédies dans lesquelles il a joué ces dernières années (et je ne parle pas de "Bienvenue chez les Ch'tis", je ne critiquerai jamais un film qui met notre belle région en valeur) n'étaient vraiment pas très bonnes, limite laborieuses. Et ne me dites pas que si, vous, vous avez ri devant "Rien à Déclarer", "Un Plan Parfait", "Eyjafjallajökull" ou encore "Supercondriaque", je ne vous croirais pas (parce que je les ai vues moi aussi et non, ça n'est pas très drôle !). A part dans "Lolo", le film de Julie Delpy sorti l'an dernier, et ce sûrement parce qu'il n'était pas la tête d'affiche, vous ne pouvez pas faire autrement que de reconnaître que Dany Boon ne fait plus vraiment rire (bon personnellement, j'avoue que quand je regarde ses vieux sketchs, le « je vais bien tout va bien, je suis gai tout me plait », ça me fait toujours son effet).

Eh bien, sachez-le, ça n'est pas "Radin !" qui va changer la donne et qui fera remarcher vos zygomatiques. Pourtant, j'étais pleine d'espoir, installée dans mon siège, savourant mon burger amené en douce dans la salle de ciné (merci s'il vous plait de ne pas me balancer) : j'avais trouvé la bande annonce plutôt prometteuse.

L'idée de base du scénario était d'ailleurs assez attirante, soit raconter la vie compliquée d'un radin. Attention, pas le petit radin, qui hésite à acheter des fleurs à sa femme, parce que bon les fleurs c'est quand même cher et ça fane. Non, là on parle d'un radin de compet', tendance grippe-sou (oui, François Gauthier, prof de violon, n'hésite pas à soutirer de l'argent à son jeune élève !). De quoi laisser espérer quelques situations gênantes et cocasses.

Sauf que si le film démarre bien, l'enchaînement de petites saynètes sur les maniaqueries de notre radin finit vite par lasser et le concept s'essouffler, le scénario n'osant pousser celui-ci à ses extrémités. En effet, quitte à raconter l'histoire du roi des radins, il aurait plutôt fallu se lâcher et imaginer des scènes ultra farfelues, hautement improbables, et suffisamment délirantes pour faire vraiment rire (pas juste « oh la caissière a oublié de déduire 3 centimes de courses, recomptons tout ! »).

D'ailleurs, on voit ce que suivre ce chemin aurait pu donner dans une scène du film, la seule vraie scène drôle, où le héros commence à faire une crise de panique à l'idée de payer l'addition dans un restaurant un peu chic et que, nargué par le serveur (qui a bien compris à qui il avait affaire), il pète un énorme plomb. C'est n'importe quoi, c'est énorme et c'est ça qui fait que c'est drôle (sauf, qu'au final, il s'avérera que ça n'est qu'une scène rêvée... où comment tuer la seule vraie bonne trouvaille du film !).

Bref, assez vite, le film arrive à être radin... en rire (fallait que je la place, désolée).

Mais le pire, ça n'est pas tant qu'il ne va pas assez loin dans la folie du personnage, il a surtout la mauvaise idée de sombrer dans le mélo et sentimentalisme en faisant apparaitre la fille majeure et cachée (voilà ce qui se passe quand on use de capotes périmées !), du héros pas si sympathique que ça. Car la jeune fille est persuadée que son papa adoré est un écolo philanthrope, qui consacre son temps libre à aider financièrement de petits orphelins mexicains. La vérité fera bien mal et franchement toute la partie rédemption, en mode « mon père ce héros », on s'en serait bien passé !

Du reste, pour achever le tout, il semblerait que même Dany Boon et Laurence Arné n'étaient pas tellement convaincus du potentiel comique, voire du potentiel tout court du film, puisqu'ils se contentent du minimum syndical au niveau de l'interprétation.

Alors, au final, à part une ou deux scènes, je suis totalement restée de marbre, et pire, j'ai trouvé que les une heure et vingt-neuf minutes du film en faisant plutôt le double. Quant à la salle, pourtant bien pleine, elle n'a pas émis beaucoup de rires non plus. Ce qui aurait tendance me faire dire que même si je ne suis pas le public visé par ce type de comédie, ceux qui attendaient avec impatience le retour de Dany Boon risquent d'être quand même fort déçus.

Bah du coup mon conseil de fin sera de vous épargner cette perte de temps qu'est "Radin !" et puisqu'elle est toujours en salle, de prendre votre place pour "Victoria", ça c'est de la vraie comédie.
Auteur :Karine Lebreton
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