23 octobre 2019
Critiques

Rambo Last Blood : La critique du film

La critique du film Rambo : Last Blood

Par David Marmignon

Sylvester Stallone, même s’il a eu plusieurs périodes d’errance, a toujours porté ses projets cinématographiques avec valeur et intégrité. C’est cette attitude de faiseur humble, au cœur outrageusement sentimental pour ses personnages, qu’il est devenu l’homme de 3 franchises (trois !!!) qui ont porté le box-office et la pop culture depuis quasi 50 ans. Sauf que Stallone a aussi ses démons, et ne peux s’empêcher d’aller trop loin.

La saga Rambo est, au même titre que Rocky, celle qui permet de situer dans le temps la bascule de Sly, d’un traumatisé du Vietnam exposant ses blessures béantes en larmes dans les bras de son colonel, à un Va-t-en guerre ultra-patriote aux soldes de la bannière étoilée, qui déverse les cadavres à tour de bras. Si ça fonctionne dans "Rambo 2" grâce au savoir-faire de l’équipe, c’est la catastrophe avec un "Rambo 3" aux cimes du nanar, correspondant à la période d’égo surdimensionné de la star et à la reprise à son compte du soldat par Reagan.

Quand Stallone revient à son personnage en 2008, il le fait par le même prisme que celui de Rocky : le héros est fatigué, désabusé, et il retrouvera un sens à sa vie dans un dernier combat. "John Rambo" bouclait la boucle dans un dernier élan barbare, d’une sauvagerie rare, un chef d’œuvre crépusculaire. Ce cinquième opus amène donc une certaine méfiance : Rambo étant rentré au pays, à la fin de son histoire, à quoi bon ?

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La première partie de la péloche fonce dans ce que l’on craignait : Tonton John est devenu le parfait père de famille, plein de bons sentiments envers sa nièce, et si l’on est heureux de voir le personnage enfin toucher des doigts son humanité (pas retrouvée depuis le final du 1er) on peut aussi pouffer devant les bons sentiments indigne d’un Stallone qui n’est jamais aussi bon que dans l’intime.

Après un passage vers le Mexique, "Rambo : Last Blood" change radicalement et expose enfin le projet de Stallone : refaire vivre, le temps d’un film, les vigilante movie craspec des 70’s, ambiance délétère et violence ultra-sombre. Malsain, complaisant, le film retrouve de la tronche et le spectateur, mal à l’aise, reprend espoir. Certes, on n’est pas loin de la prod fauchée : on est chez Millenium, le tout a été tourné en Hongrie et à l’économie et ça se voit. Si on ajoute à ça une réalisation juste fonctionnelle et des acteurs indignes de sitcoms AB, on pourrait croire au ratage total et pourtant il reste Sly. Il est là, se donne à fond pour le personnage et, même s’il est le seul, il y croit.

Tout le final, en mode "Maman j’ai raté l’avion" boucher supplément côte à l’os saignante, "Rambo : Last Blood" retrouve la violence sadique et féroce de "John Rambo". Stallone, toujours sur le fil, n’en a rien à cirer d’être dans une production de seconde zone, plein de férocité, de rage qui éclate enfin, jusqu’à un final primitif, qui laissera forcément sur le carreau le spectateur cynique.

A voir ce qu’on peut trouver dans ce "Rambo : Last Blood" ; hommage aux productions honteuses de la Cannon ou baroud d’honneur guerrier. Mais ce qu’il a à offrir est tellement rare, sa proposition tellement viscérale et jusqu’au boutiste, qu’il faut embrasser l’œuvre, dans ses ratages et ses moments de grâce outrés et brutaux. A l’instar de la carrière de Stallone, dans ses égarements et ses chefs d’œuvre.

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