Critiques

Raya et le dernier dragon : Sans feu, sans flammes

Par François Bour


Présenté comme le film d’animation évènement de 2021, "Raya et le Dernier Dragon" met en scène la dernière héroïne en date de l’univers Disney. La jeune Raya confirme la tendance. Les princesses ne sont plus les seules à tenir la vedette dans l’univers Disney mais l’innocence est préservée.

Annoncé à grand renfort de communication, "Raya et le Dernier Dragon" succède à un monument de l’univers Disney : "La Reine des Neiges 2". Pas question ici de s’agenouiller devant Elsa mais d’évoquer l’incontestable succès de ses aventures auprès du jeune public. Comme le veut le cycle installé depuis dix ans chez Disney, après un film de princesse la firme aux grandes oreilles propose un univers complètement différent.

Direction la terre de Kumandra, un monde où humains et dragons sont censés vivre en harmonie. Seulement voilà, une force maléfique s’abat sur le royaume et les dragons se sacrifient pour sauver l’humanité. Bien des siècles plus tard, la jeune guerrière solitaire nommée Raya se met en quête du légendaire dernier dragon pour restaurer l’harmonie et rassembler toutes les tribus de son pays. La promesse d’un voyage où la confiance et l’entraide sont les clés de sa quête.

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Copyright Walt Disney Company
Voilà pour le contexte du film animé et mis en scène par Don Hall ("Les Nouveaux Héros") et Carlos Lopez Estrada. Sans oublier le scénariste de Cars à l’écriture du scénario. Il faut le souligner car comme Flash, Raya a certes du charisme mais elle n’est rien sans compagnons. De son fidèle ami d’enfance à un dragon en passant par quelques amis rencontrés au gré de ses aventures. Et comme Flash, elle a aussi une rivale. Tout cela pour dire que le scénario s’appuie sur une structure connue. Tout comme le personnage de guerrière solitaire d’ailleurs. Mulan par exemple, guerrière de l’empire du dragon. A ne pas confondre donc avec Raya venant, elle, du royaume des dragons. Il faut suivre.

La particularité de "Raya et le Dernier Dragon" est à chercher ailleurs. A Kumandra plus précisément, le royaume où les dragons sont partout. Mettre le dragon au cœur du film, c’est la volonté affichée durant tout le long métrage. Raya n’est presque qu’un personnage secondaire de la figure du dragon sur le film. A vrai dire, les parents accompagnant leurs enfants pourront déjà deviner le merchandising autour du film. Seulement voilà, c’est un film Disney et les dragons de chez Disney sont colorés, ils ont des pouvoirs magiques, une personnalité inoffensive et ultra bienveillante. Rien à voir avec Croc-mou et les autres Dragons de chez Dreamworks. La différence dans la représentation du dragon est l'illustration de l'opposition des deux studios. Le public visé par Raya, même si c’est une guerrière, est parmi les spectateurs les plus jeunes.

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Copyright Walt Disney Company
Le film évènement "Raya et le Dernier Dragon" montre son statut à tous les publics. La mise en scène et la qualité de l’animation sont, en effet, à saluer. Ce sont, peut-être, les seuls atouts de ce film qui plairont à tous les âges. Avec un royaume où à chaque région correspond une saison, l’univers visuel est varié et toujours réussi. Le suivi de l’action est excellent quel que soit le décor et la qualité visuelle de l’ensemble est de très bonne facture.

"Raya et le Dernier Dragon" est donc un film d’animation qui n’a pas à rougir de son animation et de sa mise en scène. Tout comme des valeurs qu’il véhicule même si, là encore, cela manque d’originalité. Finalement, le 59ème long métrage de Disney affirme un peu plus le chemin pris par le géant américain dans ses productions natives en animation. Le cœur de cible, c’est le public le plus jeune à la recherche d’émerveillement. Dans le monde des princesses, des dragons bien coiffés et autres personnages mignons et inoffensifs. L’animation moins enfantine est le terrain de Pixar. Si le jeune spectateur s’est ennuyé devant "Soul", il préfèrera surement "Raya et le Dernier Dragon".

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