24 octobre 2020
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Robot and Frank : Intelligence artificielle

Les fans de science-fiction pure et dure resteront sur leur fin, les autres et notamment les amateurs de comédie douce-amère seront aux anges. La première production d'un nouveau venu, Jake Schreir, n'est certes pas un grand film d'anticipation : entre notre monde contemporain et celui de « Robot and Franck » la dichotomie n'est pas très visible. Quelques voitures électriques, des écrans géants en lieu et place des téléphones actuels et c'est à peu près tout, nous sommes loin du « cinquième élément » ou de «Blade Runner» ! Mais le sujet n'est pas vraiment là. Le propos est ailleurs : celui du déclin irréversible de l'être humain. 

La vieillesse est un naufrage disait Victor Hugo et cette tragédie commence par la perte progressive de la mémoire. C'est ce qui arrive au héros interprété par un des plus talentueux acteurs américains, Franck Langella, qui fut naguère pour la caméra de Ron Howard un Richard Nixon plus vrai que nature. Autour de lui gravitent de belles pointures : madame Tim Robbins herself, Susan Sarandon et dans le rôle de sa progéniture Liv Tyler, la fille du chanteur d'Aérosmith Steve, que l'on avait un peu perdu de vue depuis l'hilarant « Divine mais dangereuse » et James Marsden qui retrouve pour l'occasion son partenaire de «The Box ».Dès lors sa rencontre avec un assistant ménager électronique lui servira de déclic pour un ultime baroud d'honneur. L'ancien cambrioleur reprendra du service pour un dernier tour de piste. 

Fable moderne, tout en finesse, ce long métrage aborde bien des problèmes fondamentaux -l'isolement des retraités, le rapport parents-enfants, la place des anciens- sans jamais s'appesantir. Et c'est peut-être là où le bât blesse : nous aurions aimé que certaines situations ou thèmes soient plus approfondis. Ce premier film restera finalement dans les mémoires comme fort prometteur mais par trop inabouti. Dommage ! 
Auteur :Régis Dulas
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