25 octobre 2020
Critiques

Rocks : Emouvant, même pour les cœurs de pierre

Par Lou Ballenghien

"Rocks" (distribué par Haut et Court) est un drame britannique réalisé par Sarah Gavron, sorti en salle le 9 septembre dernier, et qui se penche sur le parcours d'une jeune fille contrainte à grandir trop vite.

Un drame touchant

Lorsqu'un beau jour, sa mère part de la maison en ne laissant rien d'autre qu'un mot griffonné et quelques billets, Shola ne se laisse pas abattre. À la place, elle choisit de faire face à la situation pour le bien de son petit frère Emmanuel. Ce n'est pas pour rien que ses amies la surnomment « Rocks » : abandonner n'est pas dans ses habitudes. Ainsi, elle garde la tête froide et fait tout pour échapper aux services sociaux afin de ne pas être séparée de son frère. Pour cela, elle ne parle de la disparition de sa mère qu'à ses meilleures amies.

Un ton nuancé

Ces dernières jouent d'ailleurs un rôle primordial dans l'histoire. Elles sont interprétées par des actrices encore amatrices mais qui effectue des performances impressionnantes, particulièrement Bukky Bakray, qui joue la protagoniste. Elles parviennent ainsi à apporter allégresse et légèreté à ce récit poignant qui, aux premiers abords, est plutôt sombre. Le réalisme ainsi que la modernité des différents plans, certains capturés par un simple téléphone portable, tire également le film vers la lumière.

On ressort de la séance bouleversé mais non sans une pointe d'espoir quant à la tournure des événements, puisqu'on assiste sans surprise à une fin ouverte. On ne peut omettre de mentionner la diversité raciale et culturelle de la ville de Londres mise en valeur dans "Rocks". Ce n'est pas en dépit de ces différences, mais grâce à elles, que les adolescentes restent unies tout au long de l'histoire.

Une « Ken Loach au féminin » ?

Si l'analogie, qu'on retrouve en haut de l'affiche du film, est intéressante, elle n'en est pas moins déplacée. Certes, Sarah Gavron, tout comme Ken Loach, a fait le choix de réaliser des films engagés, mais il est inutile de les comparer en précisant son genre de cette façon. Définir Sarah Gavron comme une copie de Ken Loach, mais « au féminin », me semble décrédibiliser son travail en la percevant encore comme une de ces femmes qui veut arriver à la hauteur d'un homme, et qui, puisque son travail se rapproche du sien, doit forcément le considérer comme son modèle.


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