8 décembre 2019
Archives Critiques

Rocky Balboa : Une sortie digne de ce nom

Sur le papier, "Rocky Balboa" a tout du projet putride destiné à user un filon déjà méchamment surexploité. A bout de souffle dans "Rocky V", on ne voyait pas très bien ce que Sylvester Stallone avait encore à dire sur un personnage totalement ringardisé par une série de films plus médiocres les uns que les autres (avec une mention spéciale à "Rocky 4" et à sa charge anti communiste).

En deux mots, comme tous les héros invincibles des années 80 portant fièrement les couleurs du drapeau américain, Rocky est mort. Ou presque comme en témoigne cet ultime "Rocky Balboa", principalement produit, écrit et réalisé pour offrir à son auteur / producteur / réalisateur une sortie digne de ce nom. Les fans apprécieront.

Mieux vaut prévenir les spectateurs attirés par un bande annonce tapageuse : ceux qui vont voir "Rocky Balboa" pour découvrir un film d'action calqué sur le modèle du 3 et du 4 risquent d'être salement déçus.

Certes, Sylvester Stallone reprend ici les gants mais le propos de cet épilogue se situe plus dans « la cave » du personnage (comprenez sa « psychologie ») que dans ses poings comme en témoigne une première heure introductive entièrement focalisée sur la mélancolie d'un ancien champion devenu restaurateur semi retraité.

En résumé, "Rocky Balboa", c'est plus d'émotion et moins de baston. La fameuse scène de l'entraînement sur fond de Bill Conti (deux minutes montre en main) n'intervient qu'au bout d'une heure quinze de projection. L'unique combat de boxe évite toute forme de surenchère. Même le bad guy du film reste sagement cantonné à celui d'un gamin prétentieux qui a juste besoin d'une bonne leçon de modestie.

Sylvester Stallone, présent de la première à la dernière image et plutôt crédible en boxeur sexagénaire, a manifestement conçu le film pour un public de fans. En effet, les flashs backs occupent une place prépondérante dans l'intrigue, les références aux précédents épisodes sont innombrables et les clins d'œil abondent pour qui sait les reconnaître.

Même insensibles au sort du héros, les profanes, eux, peuvent tout de même s'intéresser aux rapports quasi fusionnels qu'entretiennent Rocky, l'icône oubliée, et Stallone, la star totalement has been.

C'est d'ailleurs probablement là que le sous texte du film touche droit au cœur puisqu'à l'évidence, Stallone parle autant de sa souffrance personnelle que de la douleur de Rocky en racontant le parcours de ce champion auquel plus personne ne croit.

Malheureusement, l'entreprise reste limitée par une mise en scène maladroite (photographie quelconque, mélange 35 mm/HD hasardeux) et par un excès de discours sentencieux (extrait de Bible à l'appui) sur des notions de courage, de sacrifice et de dépassement de soi…

L'intégralité des personnages secondaires se limite à des esquisses de caricatures à l'image du fils de Rocky, golden boy distant et insensible miraculeusement transformé en coach altruiste par les bienfaits d'une petite leçon de morale.

Pourtant, ces faiblesses n'empêcheront sûrement pas les fans de voir en "Rocky Balboa" un chant du cygne digne du héros qui les a fait tant vibrer.

Auteur :Frédérick Lanoy
Tous nos contenus sur "Rocky Balboa" Toutes les critiques de "Frédérick Lanoy"

ça peut vous interesser

Frankenstein Junior : La folle histoire du monstre

Rédaction

Terminator de James Cameron : Know Future

Rédaction

Rambo Last Blood : Mexpendable

Rédaction