25 octobre 2021
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Rollerball : Mieux vaut l’original

Dans les années 80, John McTiernan s'est forgé une solide réputation d'artisan du film d'action avec Piège de cristal puis Predator. En 1999, il avait signé un remake de "L'affaire Thomas Crown" (1968), réalisé à l'origine par Norman Jewison. La filmographie de ce cinéaste semble visiblement l'inspirer puisqu'il s'est attelé à une mise à jour du "Rollerball", datant de 1975, et qui se basait sur le récit d'anticipation de William Harrison.

L'histoire se situe en 2005, Jonathan Cross est un adepte des sports extrêmes. A la suite d'une altercation avec la police, il décide de partir avec son ami Marcus Ridley vers le Kazakhstan en Asie centrale. Là-bas, l'homme d'affaires Alexi Petrovich a créé un nouveau jeu : le Rollerball, un mélange de hockey et de football américain sur patins à roulette. Jonathan s'engage dans le tournoi et devient la vedette de son équipe mais il découvre bientôt que la gloire a ses revers.

D'emblée, cette nouvelle mouture qu'est "Rollerball" subira l'inévitable comparaison avec l'original. Ainsi, le spectateur est entraîné dans un enchaînement de séquences d'action parfois chaotiques et appuyées par une bande son alternant le rap et la techno. Il faut avouer qu'au bout d'un quart d'heure, on ressent un certain manque de fluidité dans le récit, cela étant dû principalement au remontage imposé par les producteurs. Mais, à ce stade-là, on parlera plutôt de charcutage même si c'est la version non censurée qui est présentée ici. D'ailleurs, on peut se remémorer l'épisode du Treizième guerrier qui lui aussi avait été amputé de plusieurs minutes.

Le résultat est donc plus que décevant. En effet, le "Rollerball" de McTiernan n'atteint pas son but, lui qui se voulait une charge féroce contre la médiatisation de la violence. Comme dans les temps antiques, la foule contemple les gladiateurs s'affronter dans l'arène jusqu'à la mort et acclame son champion. Ici, le public réfrène ses instincts primaires dans ces jeux du cirque futuristes. Derrière les tribunes, des actionnaires misent sur l'audience des matchs, modifiant les règles de la partie afin de faire monter l'adrénaline.

Là où Norman Jewison livrait une œuvre visionnaire et cynique tout en faisant passer son message avec subtilité, McTiernan lui se montre un peu plus démonstratif (les plans répétitifs des écrans où s'affichent les chiffres de l'audimat) et plus soucieux de soigner la forme que le fond. Toutefois, ce dernier démontre qu'il n'a pas perdu la main en la matière notamment dans la scène d'ouverture se déroulant à San Francisco. La distribution ne fait pas non plus pour relever le niveau : Chris Klein se révèle un piètre successeur de James Caan, manquant de charisme et de prestance de même que Jean Reno en magnat russe finit par tomber dans la caricature à force d'user de grimaces outrancières.

Bref, ce "Rollerball" édition 2001 se retrouve catalogué comme un produit de divertissement sans consistance où en comparaison, "Running Man" avec Arnold Schwarzenegger passerait presque pour une excellente série B. On vous conseillera de (re)découvrir la première version devenue un classique certes plus kitsch mais sans aucun doute plus réaliste et plus intéressant.

Auteur :Fabien Rousseau
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