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Rue des Plaisirs : Maisons closes et regards vides

Prostituée de la maison close « Le Palais Oriental », Marion rêve de devenir chanteuse. À la fermeture de l'établissement, elle se lance à la recherche de l'homme qu'elle aime, Dimitri Josco. Petit Louis, homme à tout faire du Palais Oriental, profondément amoureux d'elle, la suit dans ses pérégrinations.

"Rue des Plaisirs" (distribué par Pathé Films) : un désir calculé est un désir mort-né. Soit un cinéaste, Patrice Leconte, qui enchaîne les films comme on enfile les (mauvaises) perles et dont le désir de cinéaste semble aujourd'hui gouverné par une idée de casting. Alors ici va pour la Casta, icône pub et starlette télé ("La bicyclette bleue"), filmée sous toutes les coutures, que Patrice Leconte habille en reine des plaisirs tarifés, couvée par un Patrick Timsit en roue libre et séduite par un Vincent Elbaz dont le jeu se résume au beau regard ténébreux.

"Rue des Plaisirs", un film (quoiqu'il soit permis d'en douter tant cette succession de scènes semble juste bonne à combler la case fiction du dimanche soir) qui ressemble au bon vieux cinéma d'avant-guerre, d'un académisme lisse, dont la nostalgie rance donne le haut-le-coeur (où sont les bordels conviviaux où toutes les prostituées rivalisaient de beauté et de séduction ?).

Une histoire pour faire rêver le spectateur à l'oeil torve titillé à l'idée de mater la Casta en tenue d'Eve (les voyeurs en seront pourtant pour leurs frais). Un scénario affligeant, une mise en scène absente et des dialogues poussifs, curieux programme pour une "Rue des Plaisirs" filmée tel un triste cul de sac. 

Auteur :Patrick Beaumont
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