5 décembre 2020
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S1mone : Critique

Avec "S1mone", Andrew Niccol semble s'être spécialisé dans la thématique de la mystification. En 1997, il avait signé le scénario de "The Truman Show" dans lequel Jim Carrey était leurré par l'environnement et les personnes qui l'entourait. La même année, il avait réalisé son premier long métrage intitulé "Bienvenue à Gattaca" où Ethan Hawke prenait la place de Jude Law et trompait un monde régi par la perfection génétique.

Dans "S1mone" (abréviation du logiciel Simulation One), Viktor Taransky, un metteur en scène tombe en disgrâce lors du tournage de son dernier film. Il trouve pourtant le salut grâce à un programmeur informatique qui lui lègue son ultime création : une actrice virtuelle (à l'écran, Rachel Roberts, non créditée au générique) ayant la capacité de reproduire les mimiques et le jeu des plus grandes actrices, d'Audrey Hepburn à Grace Kelly, en passant par Marilyn Monroe, Sophia Loren et Lauren Bacall, pour ne citer qu'elles.

Le succès aidant, la notoriété de sa créature numérisée prend de l'ampleur et notre réalisateur se retrouve bientôt dans la position de l'arroseur arrosé. Aurait-il vendu son âme au diable ? Ainsi Andrew Niccol propose non seulement une fable caustique sur l'usine à rêves que représente Hollywood mais également une satire sur la célébrité et ses travers. Par exemple, on y retrouve quelques personnages à la limite de la caricature comme ces journalistes avides de scoops ou cette actrice capricieuse à outrance (Winona Ryder dans deux courtes apparitions convaincantes).

En outre, le récit glisse une intéressante réflexion sur le pouvoir manipulateur des images. Coutumier des registres du drame et du polar, Al Pacino démontre qu'il peut s'illustrer dans la comédie avec une parfaite aisance. Il faut le voir se démener comme un beau diable et déployer des trésors d'ingéniosité (parfois farfelus) afin de sauvegarder son secret ou tenir des monologues devant sa comédienne digitale. "S1mone" est une œuvre à découvrir qui réunit avec une certaine habileté la comédie et l'anticipation, adoptant en permanence un ton pour la dérision tout en conservant son aspect visionnaire.

Auteur : Fabien RousseauTous nos contenus sur "S1mone" Toutes les critiques de "Fabien Rousseau"

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