24 janvier 2022
Archives Critiques

Sahara : Cata pour sage-Africa !

"Sahara" (distribué par SND), c'est le Paris-Dakar sur grand écran et pendant deux heures. Le rapprochement est facile : la course et le film se déroule dans le désert. Vous verrez donc d'immenses dunes baignées dans une chaude lumière, chauffées par un soleil de plomb. Mais, cinéma et compétition automobile se rapprochent aussi et surtout parce que Sahara reprend l'argument principal de la course : laisser les Occidentaux s'amuser sur les terres africaines. Même s'il faut reconnaître que l'organisation du Paris-Dakar a tout fait pour arranger les choses (notamment en organisant des opérations humanitaires en parallèle), Sahara s'enfonce dans cette voie. Et je vois mal Matthew Mc Conaughey distribuer ses cachets de star à tous les malades qu'il croise. Sahara souffre donc du syndrome Paris-Dakar. Le Niger et la Mali deviennent le terrain de jeu d'un cinéaste américain, Breck Eisner (d'ailleurs auteur du premier épisode de la série de Spielberg, Taken).

L'histoire : alors qu'elle travaille pour l'OMS, la docteur Eva Rojas (Penélope Cruz) est attaquée par des brigands dans une ville du Nigéria. Heureusement le beau, musclé et bronzé Dirk Pitt (Matthew Mc Conaughey) est en train de se baigner, la voit et la sauve. Accompagnés d'un troisième larron (Steve Zahn), ils s'embarquent dans un voyage archéologique, à la recherche d'un bateau américain, coulé il y a 150 ans sur le fleuve Niger. Pour les populations locales, il est la source d'un grand malheur, la source d'une terrible épidémie.

Bien sûr, le personnage principal est une copie d'Indiana Jones et pas la peine de dire que celle-ci est grotesque. Il convient plutôt de s'arrêter sur le personnage de Zach Braff, acteur habitué des films tels que "National Security" avec Martin Lawrence ou "Ecole paternelle" avec Eddy Murphy. Dans "Sahara", il joue le même rôle, incarnant un débile profond mais attachant marchant dans l'ombre du beau gosse Matthew Mc Conaughey.

Que les Américains s'amusent à se poursuivre dans les rues de leur ville, qu'ils s'amusent à sauver le monde d'une menace extra-terrestre à Washington, d'accord. Qu'ils viennent jusqu'en Afrique pour multiplier les incohérences, les invraisemblances et les conneries (n'ayons pas peur des mots), c'est plus discutable. Bien sûr, "Sahara" pointe du bout du doigt, quelques problèmes inhérents à l'Afrique : un pouvoir aux mains des militaires corrompus, des populations décimées par les épidémies. Une scène vient d'ailleurs rappeler la triste situation du Darfour : des humanitaires sont assassinés par le pouvoir qui fait accuser des milices touaregs.

Entre deux spectaculaires cascades, le spectateur pourra donc découvrir quelques points intéressants. Sinon, l'Afrique est un continent très joli avec des chameaux, des villages pittoresques. Ne manque que le singe qui vous lance des noix de coco. Mais ne soyons pas trop dur. Si vous aimez le film d'aventure, celui qui vous en fout plein la vue au risque de devenir totalement farfelu, vous serez peut-être comblés. Si vous aimez Indiana Jones, fuyez ! Mais vite, car la porte de la salle se referme inexorablement. Il vous faudra rouler à terre au dernier moment et récupérer votre couvre-chef avant que la porte ne l'écrase. Enfin, vous serez libres !

Auteur :Matthieu Deprieck

Tous nos contenus sur "Sahara" Toutes les critiques de "Matthieu Deprieck"

ça peut vous interesser

355 : Quintette explosif

Rédaction

Matrix Resurrections : Matrice nostalgie

Rédaction

André Dussollier : Attention au départ !

Rédaction