16 octobre 2021
Critiques

Saint Laurent : La gloire et le chaos

Les opposants du film "Yves Saint Laurent" de Jalil Lespert entrent en piste. La bataille est angoissante, mais rapidement "Saint Laurent" de Bertrand Bonello remporte la bataille du meilleur biopic sur ce créateur. Cette année, Yves Saint Laurent n'aura jamais autant été représenté au 7ème art. Pas un mais deux films réalisés à son effigie. On ne va pas faire le comparatif entre Lespert et Bonnello car d'autres malins l'auront déjà peut-être bien fait. Il est donc décidé de s'attarder exclusivement sur la dernière représentation du célèbre couturier par le cinéaste de L'Appollonide.

Le début de ces deux heures trente s'intéresse à la haute-couture. Les gestes sont détaillés, le vocabulaire est adapté et peut sembler compliquer pour les novices comme moi. À l'écran, les couleurs et les textures reflètent l'élégance et le raffinement. Il prône pour la qualité et l'esthétique en optant pour le 35 mn. Sortie le 24 septembre dernier déjà, le rôle-titre est offert au talentueux et chic Gaspart Ulliel. Ce n'était pas le nom qui serait forcément venu pour incarner ce couturier, mais il excelle dans ce personnage. Incarner plus qu'imiter est le maître-mot d'un film brillamment mis en scène. Il le fait avec sa personnalité et tout son corps. À côté de lui, on retrouve Jérémie Rénier (on a toujours en tête son rôle de "Cloclo" même dans ce film), Léa Seydoux, Louis Garrel, Amira Casar et d'autres grandes figures du cinéma.

Dans le fond, Bertrand Bonello met en scène un personnage passant de la gloire au chaos. Plongé dans la folie des hommes et des pilules désastreuses, il vit avec son autre comme en témoigne la multitude de miroirs. Quant à la forme, le mélomane se surpasse et me fait voir une autre forme de biopic. Un biopic stylé. Plus contemplatif que bavard, il fait durer les scènes pour être au plus proche des protagonistes et fait vivre les bonheurs mais aussi les drames.

On passe par pleins d'émotions et tout s'enchaîne avec une certaine fluidité. Cette ambiance particulière, on l'a doit à la musique où chaque parenthèse musicale est le synonyme d'un état d'esprit. On navigue à travers les sentiments de Saint Laurent. Bertrand Bonello ose. Il arrive à créer un long-métrage à l'image de l'oeuvre de l'artiste. Ce split-screen montrant à gauche des images d'archives et à droite un défile est violent et intéressant. Il montre la mode avec son temps. Il y aussi un travail sur le rythme, il laisse le temps agir. Cette lenteur est le principal moteur du film. Ce biopic est comme une robe d'YSL. Chaque plan est détaillé, travaillé et découpé pour offrir un chef d'oeuvre du cinéma. "Saint Laurent" est un des meilleurs de films de l'année.
Auteur :Joris NaessensTous nos contenus sur "Saint Laurent" Toutes les critiques de "Joris Naessens"

ça peut vous interesser

Mon Légionnaire : La patience est le maître-mot

Rédaction

Mourir peut attendre… encore un peu

Rédaction

Mon Légionnaire : Concours national

Rédaction