Critiques

Salaud, on t’aime : Raté !

Claude Lelouch c'est quand même monsieur ! "Un Homme Et Une Femme" et "L'Aventure c'est l'Aventure". Et de quelques moins bons films aussi accessoirement. Avec "Salaud, On T'aime", il raconte l'histoire d'un photographe renommé (Jacques Kaminsky, joué par Johnny Hallyday) qui a 4 filles (toutes au prénom plus stupide les uns que les autres) nées de 4 mères différentes: Hiver, Printemps, Eté et Automne. Oui oui, vous avez bien lu ! Ce photographe n'a jamais été fort présent pour ses filles et, une fois le temps de la retraite venu, il décide de s'exiler dans un chalet en montagne, la vie à Paris devenant trop pesante pour lui. Comme pendant toute sa vie, il change de femme au moment où il change de lieu de vie. Dans son chalet, il invite son fidèle ami médecin (Frédéric, interprété par Eddy Mitchell) à venir passer quelques jours avec lui. Il rencontre la nouvelle compagne de Jacques (Sandrine Bonnaire) et, malgré la joie que lui procure celle-ci, il remarque que ses filles lui manquent terriblement et il va les faire venir en leur mentant un peu.

L'intrigue de "Salaud, On T'aime" n'est pas d'une grande originalité. Souvenez-vous ! Michel Boujenah avait déjà tenté l'expérience avec Philippe Noiret dans "Père et Fils". Ceci dit, l'histoire n'est pas vraiment inintéressante, mais Lelouch va tellement vouloir la compliquer qu'au final, cette dernière va perdre tout son sens, toute sa force. Ce qui est bien dommage compte tenu de ce qu'il y avait moyen de faire avec un pareil scénario. Quand on croit que cela se termine, il ajoute un twist qui va relancer le film pour une bonne vingtaine (voire trentaine) de minutes qui sont totalement inutiles. Cela donc pose problème quant à l'empathie que peut avoir le public pour les personnages.

Finalement, dans "Salaud, On T'aime", Lelouch déconstruit tellement les relations entre les différents protagonistes que plus rien ne fonctionne (tant et si bien que cela fonctionnait déjà avant pour quelqu'un, ce qui n'était pas mon cas je dois bien l'avouer). Car si l'histoire se laisse regarder gentiment, on est, dès le début, oppressé par tous ces gros plans. Lelouch ne jure que par ça et c'est énervant au plus au point. On ne voir pas grand chose de ce qui entoure ces comédiens et cela devient gênant pour le spectateur.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a le casting. Si l'essentiel des seconds rôles s'en sort bien (Isabelle Hertogh, Rufus), c'est plus laborieux au niveau des rôles principaux. Sandrine Bonnaire est peut-être celle qui tire le mieux son épingle du jeu avec Eddy Mitchell. La vraie catastrophe vient de Jacques Kaminsky, joué par l'idole des jeunes, Johnny Hallyday. Déjà que son visage est ravagé par la chirurgie esthétique et que ce n'est pas agréable à voir (dans le même genre il y a Emmanuelle Béart et ses lèvres plus que pulpeuses aussi) mais en plus il joue mal. On sent tout de suite que ce n'est pas naturel lorsque qu'il parle. Et n'abordons même pas les quelques moments d'improvisation qui sont franchement risibles.

Bref, quand on peut faire un tel constat face à "Salaud, On T'aime", on se dit qu'il est peut-être temps pour Claude Lelouch de mettre le mot fin à sa carrière qui, bien que fructueuse et réussie dans les années 60/70, et plus récemment avec "Roman De Gare", a visiblement perdu toute sa splendeur et son intérêt désormais.

Auteur :Thibault Van de Werve Tous nos contenus sur "Salaud, on t'aime" Toutes les critiques de "Thibault Van de Werve"

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