Critiques

Sans un bruit 2 : Un digne héritier

Par Alexa Bouhelier-Ruelle

Après le succès mondial de "Sans un Bruit", en 2018, le film qui avait obligé tous les amateurs de popcorn à éviter les « mâchouillis » bruyants, John Krasinksi revient à l’écriture et à la résiliation d’un deuxième volet tout aussi réussi.

"Sans un bruit 2" n’est pas un copié/collé du premier. Bien loin du silence insoutenable d’il y a 3 ans, ici les changements paraissent plus grands, plus surprenants et plus typiques des blockbusters du genre. Cette deuxième partie à approximativement trois fois plus de dialogues que l’original et l’horreur y est beaucoup plus directe. Si vous étiez plus terrorisé par le silence en lui-même que par les monstres moitié araignées, moitié crabe alors ce deuxième volet est fait pour vous.

Alors que ces personnages s’aventurent sur un territoire inconnu, John Krasinski ne prend aucun risque, à part ceux qu’il fait prendre à tous ses personnages, même le bébé  ! À chaque fois que l’un d’entre eux fait quelque chose de radical, Krasinski arrête le développement pour le ramener sur des chemins bien plus sûrs. Le premier film ayant pour thème principal le sacrifice, cette fois on reste dans cette idée d’abnégation et de ce qu’une personne peut accepter d'abandonner pour aider les autres. Killian Murphy s’ajoute au casting dans ce nouveau volet. Il joue Emmett, un ami de la famille que Évelyne retrouve dans une usine abandonnée qui lui sert de refuge. Un personnage en deuil et tourmenté qui se bat chaque jour pour survivre seul dans ce monde où certaines personnes ne méritent plus d’être sauvées.

critique-sans-un-bruit-21
Noah Jupe, Emily Blunt, et Millicent Simmonds - Copyright 2019 Paramount Pictures. All rights reserved. / Jonny Cournoyer

Globalement les performances sont intenses et efficaces. Emily Blunt est en mode pilote automatique, ayant déjà prouvé dans le premier film qu’elle était badass. Encore une fois, elle est parfaite dans le rôle de mère protectrice. Jupe et Simmonds sont tous deux des professionnels des cris de terreur et des pleurs incontrôlés, tout en apportant une certaine tendresse à l’histoire ainsi qu’un peu d’espoir.

Mais les vraies stars de "Sans un bruit 2"» ce sont bel et bien les monstres : les seules entités qui bougent plus vite que le montage parfait de Michael P. Shawyer. D’un point de vue purement technique toutefois, car, malheureusement, le scénario les laisse de côté. Après s’être écrasés sur la terre, on ne sait pas grand-chose d’eux, pourquoi sont-ils sur notre planète ? Quel est leur but — à part manger de l’humain. Ce manque de contexte se ressent comme un manque de préparation : ces monstres se rapprochent d’une des seules failles du film, l’ennemi stupide qui est là pour violemment réduire au silence l’humanité. Avec "Sans un bruit 2", John Krasinski explore un monde où les dialogues sont de trop, cela veut aussi dire que l’histoire doit avancer seulement à travers ses visuels, ses sons et la musique. Tout cela est fait brillamment et Krasinski délivre un film à la fois intelligent et simple dans le bon sens du terme.

Encore une fois l’acteur, scénariste et réalisateur prouve l’étendue de son talent quand il est question de créer un film de genre. Dans ses meilleurs moments, "Sans un bruit 2" rappelle quelque peu Steven Spielberg se détachant de toutes règles avec "Jurassic Park : Le Monde Perdu", laissant ses monstres déferler dans un nouvel environnement de façon surprenante. Même si ce deuxième film reste dans l’ombre de l’original, l’envie domine d’en voir plus avec un troisième acte. Peut-être prochainement...

ça peut vous interesser

Sans un bruit 2 : Gagnez vos places !

Rédaction

Indiana Jones : En Bluray 4k

Rédaction

Nobody : Dans les règles du genre

Rédaction