14 novembre 2019
Critiques

Seul sur Mars : Vive Matt Damon !

Depuis quelques temps, les films de science-fiction à la gloire de la conquête spatiale resurgissent en nombre sur les écrans mondiaux avec plus ou moins de bonheur. Concluant une sorte de trilogie non officielle dédiée à la NASA, après "Gravity" et "Interstellar", "Seul sur Mars" présente néanmoins des qualités bien différentes (supérieures ?) à ses deux prédécesseurs.

Pour rappel, le survival de Cuaron proposait des images magnifiques mais, handicapée par un scénario famélique, sa tragédie spatiale, qu'il convenait tout aussi bien d'aller voir dans un planétarium que dans une salle de cinéma, peinait à convaincre totalement. De l'autre côté, l'odyssée de Nolan, basée sur un scénario solide questionnant sur le décalage temporel, proposait une première heure semi-documentaire proche de la perfection avant de couler dans une dernière partie larmoyante. D'ailleurs, au vu du pitch de l'excellent film de Ridley Scott, "Seul sur Mars", l'idée d'une connivence entre le cinéaste de "Blade Runner" et celui de la trilogie "Batman" pourrait sembler évidente. En effet, l'idée de trouver Matt Damon isolé sur une planète hostile est redondante pour le spectateur ayant déjà participé au périple nolanien.

Mais attention ! Loin d'établir une quelconque passerelle entre les deux œuvres, Ridley Scott, jamais autant meilleur que lorsqu'il aborde le domaine de la science-fiction, s'en éloignerait plutôt. Rempli d'humour, malgré une situation de départ tragique, "Seul sur Mars" est d'un optimisme aux antipodes d'"Interstellar". Et si cet optimisme, que certains prétendront naïf, s'avère finalement salutaire l'oeuvre de Scott le doit essentiellement à la décontraction et le talent de son acteur principal, Matt Damon. Tout doucement en train de devenir le meilleur acteur du cinéma actuel, l'ex-acolyte de Ben Affleck phagocyte tellement l'écran que le spectateur en oublie les autres qualités du films.

Car oublions ce scénario solide gommant certaines invraisemblances technologiques au profit d'un discours scientifique vulgarisé. Oublions les seconds rôles, parfaits à l'image de Jessica Chastain et de Sean Bean par exemple. Oublions les décors somptueux et l'utilisation quasi-idéale d'une 3D qui trouve pour une fois un intérêt. Oui, oublions tout cela, car le grand intérêt du film, son atout majeur et son argument principal est la présence du grand Matt dont la carrière, éclaboussée de son talent, ne comporte aucune faute de gout.

Robinson Crusoé martien dont le Vendredi devient la sonde Pathfinder, son personnage, qu'il habite littéralement, est le point central, le pivot de ce récit d'aventure euphorisant. Débrouillard à la façon d'un McGyver puissance 10, le botaniste isolé qui démontre l'intérêt primordial de la science, arrive néanmoins à faire ressentir aux spectateurs scotchés par ses péripéties, une palette d'émotions rarement vue au cinéma ces dernières années.

Jamais ennuyeux malgré ses 130 minutes de bobine, "Seul sur Mars" confirme également le talent narratif d'un Ridley Scott passionné par son sujet. Et s'impose du coup inévitablement comme l'un des meilleurs films de 2015.
Auteur :Fabrice Simon
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