30 octobre 2020
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Shame : Il porte bien son titre

Avec "Shame", son deuxième film, Steve McQueen (II) a décidé de continuer sur sa lancée des films interdit aux moins de 12 ans. Avec, pour cette fois, un sujet tabou dans nos sociétés actuelles : l'addiction. Mais pas n'importe laquelle.

Une addiction qui peut gâcher l'existence d'un homme ou d'une femme, mais aussi celle de son entourage, et dont beaucoup de personnes souffrent, et qui pourtant demeure secrète, car considérée comme une honte. Nous parlons de l'addiction sexuelle.

Le réalisateur porte un intérêt à ce sujet qui a déjà été utilisé dans d'autres films comme "Choke" de Clark Gregg (2008), "The Slut" de Hagar Ben Asher (2011) ou bien encore avec la série "Californication" avec David Duchovny (2007). Maintenant, reste à savoir si "Shame" provoque plus d'effets que ses concurrents.

A la base, une histoire qui, aux premiers abords, attire, intrigue, et qui donne envie d'être vue, mais quand on arrive devant, on regrette d'être rentré dans la salle. McQueen n'a pas su exploiter son sujet comme il le fallait, la seule chose qu'il a su nous montrer c'est du sexe, Brandon au travail, du sexe et encore du sexe. Voilà et le film s'arrête là.

Pourtant il aurait pu faire beaucoup mieux, mettre de la subtilité dans un sujet qui se veut être direct. Il a voulu nous expliquer, nous montrer physiquement, ce qu'était l'addiction sexuelle. Sur ce point-là, on peut dire qu'il a réussi à nous dévoiler le problème sous tous les angles (allongé, debout, assis, devant, derrière, etc.). Mais sur la longueur a-t-il aussi bien réussi ? Des scènes et une fin prévisibles.

On ne parlera même pas des dialogues car il y en a très peu, et quand les acteurs sortent leurs répliques, on se demande vraiment qui a écrit un tel scénario, pas franchement très recherché. Vous allez me dire : il y a quand même Michael Fassbender ! Moi je vous réponds : et alors !

Il faut arrêter de se voiler la face, Michael Fassbender n'a rien de particulier dans ce film. Il ne laisse paraître aucune émotion, il a pourtant un rôle important je vous l'accorde, mais il ne fracasse pas le grand écran. Il est censé faire passer de la tension, de la colère, de la révolte dans son personnage. Moi j'attends toujours.

De plus il n'est pas mis en valeur (physiquement), car si on regarde des photos de lui sur la toile, on se dit « ouah quel beau gosse », mais dans "Shame" il ne ressemble à rien (désolé pour les fans, mais il faut être réaliste).

Ce que j'ai ressenti, c'est une sorte de cliché physique : on voit un Brandon ravagé, physiquement peu en valeur. J'aurais préféré un personnage plus subtil que brut à l'image, une sorte de virilité exacerbée qui débouche sur la caricature d'une addiction. Il donne la réplique à Carey Mulligan.

Dans cette histoire elle interprète une jeune chanteuse qui est un peu paumée dans sa vie, et qui vient se réfugier chez son frère (Michael Fassbender). Elle aussi devrait nous émouvoir, mais non il ne se passe rien, elle n'arrive pas à sensibiliser le spectateur.

Quand on regarde son rôle de plus près,  on peut constater qu'il y a pourtant matière à faire, mais non Carey Mulligan me paraît effacée, loin derrière le personnage ultra central de Brandon qui attire toutes les attention, elle n'arrive pas non plus à faire frémir le spectateur.

Bref, "Shame" est un ratage complet !
 
Auteur :Christopher Ramoné

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