20 janvier 2021
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Skyfall : Retour aux sources

Cinquante ans après "James Bond contre Dr No", le personnage inventé par Ian Flemming génère toujours autant d'attente. Après la petite déception de "Quantum of Solace" il y a deux ans, et malgré presque quatre millions d'entrées, le nouvel opus se devait de montrer autre chose. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, ce vœu est fort heureusement et positivement respecté.

Daniel Craig est de retour dans son costume d'agent secret britannique pour le plus grand plaisir des fans et des autres. Double zéro sept fête donc ces cinquante ans et nul doute qu'il fallait marquer le coup. "Skyfall" arrive donc sur nos écrans et il est vrai que ce James Bond là n'est pas tout à fait comme les autres. Si l'on regarde dans le rétroviseur de la franchise, on remarque déjà un changement majeur, celui de mettre aux commandes un réalisateur de renom en la personne de Sam Mendes. Qu'il soit apprécié ou décrié, le réalisateur britannique a sa réputation. Pour "Skyfall", le cinéaste s'est, semble-t-il, imposé un mot d'ordre : s'appliquer. A cette fin, il ne faudra pas moins de 2h20 de pellicule pour exploiter tout le potentiel d'un scenario qui marque un tournant dans la saga.

Après le concentré d'action que fut le précédent opus, ce "Skyfall" risque de surprendre plus d'un spectateur. Plus question de voir un agent secret courir et sauter dans tous les sens, explosion après explosion, aidé en cela par des gadgets toujours plus spectaculaires. Il s'agit plutôt ici d'un retour aux sources et à une réalité plus fragile. James Bond n'est pas un surhomme. Mendes assume une sorte de voyage dans le temps transformant Craig en vieux briscard bien éloigné des héros de la nouvelle génération. C'est un personnage qui a des failles et un passé. Un background  qui est ici au cœur du scenario pour servir de contexte à un triangle sentimental entre Bond, M (Judith Dench) plus que jamais synonyme de Mother et le méchant de l'histoire,  un hacker inverti et clownesque (interprété par un bon Javier Bardem). Pour ce qui est de la James Bond Girl, pour elle aussi ce long métrage est un tournant vers une fin annoncée. Rarement elle aura eu dans la saga si peu d'importance.

Dans une scène symbolique, Daniel Craig se rase avec un blaireau et un rasoir de barbier. "Il y a beaucoup de choses que je fais de manière traditionnelle", dit-il à sa partenaire féminine qui lui caresse la joue (juste la joue pour une fois…). Et bien cela résume assez bien ce "Skyfall", qui se veut être une bonne claque au jeunisme ambiant à la Jason Bourne par exemple. Qu'on se le dise, James Bond est un personnage à part. Reste à savoir si le virage pris dans cet opus va trouver suffisamment grâce auprès des spectateurs pour continuer sa route dans le prochain. Cela semble plutôt bien parti...

Auteur :François Bour
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