22 septembre 2019
Critiques

Sorry To Bother You : La critique du film

La critique du film Sorry To Bother You

Par Victor Van De Kadsye


Le Festival de Sundance bat son plein depuis la semaine dernière aux Etats-Unis alors qu'au même moment, c'est l'un des phénomènes de l'année dernière qui atterrit dans l'Hexagone depuis mercredi. Son titre ? "Sorry To Bother You". Le nom du réalisateur? Boots Riley. Retenez-bien ces deux choses car si un manque abyssal de subtilité gêne parfois, cette satire sociale risque bien de vous rester en tête.

Si son titre nous présente ses excuses dès le départ, il n'empêche qu'elles semblent fausses à l'écran. Car Boots Riley n'y va pas de main morte pour exprimer sa colère. Son cri est aussi ininterrompu que ses inventivités formelles. Le tout dans le but d'évoquer des sujets d'actualités tels que l'exploitation des salariés dans les entreprises et le racisme aux Etats-Unis.

A ce titre, difficile de ne pas saluer la démarche de Riley. Plutôt que de donner une vision réelle des problèmes sociaux englobant le film, lui préfère expérimenter et signer sa propre représentation de la société.

Aux airs de dystopie (une entreprise nommée Worryfree domine petit à petit le monde), "Sorry To Bother You" parvient à passer ses dénonciations de manière simple et concise quitte à provoquer quelques soupirs devant certains raccourcis fatigants.

Mais cela ne pénalise pas nécessairement cet OFNI qui sait aller au bout des choses, de manière particulièrement dérangeante. Si l'horreur dystopienne sous-jacente suffisait déjà pour nous terrifier, c'est alors que que "Sorry To Bother You" bascule graphiquement vers une esthétique cauchemardesque tétanisante (préparez-vous, dès que la scène des « toilettes » arrive, tout change).

Une esthétique que ne renierait pas Michel Gondry et déjà vue dans le cinéma indépendant US (le film ne le cache pas en y faisant clairement allusion). C'est un fait certes. Mais qui se démarque par une rage persistante contre le capitalisme.

Dans cette charge sociale puissante, un beau casting se présente : Lakeith Stanfield mène "Sorry To Bother You" parfaitement avec Tessa Thompson tandis que Armie Hammer joue magnifiquement le Mal. On notera aussi le doublage vocal des comiques David Cross et Patton Oswalt.

La puissance évocatrice du message de Riley se fait entendre autant qu'elle dérange dans son visuel comico-horrifique. La hâte de voir un nouveau film de Boots Riley est là. En attendant, foncez voir ce "Sorry To Bother You" étonnant. Ce n'est pas tout les jours que le cinéma américain propose ce genre de choses !

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