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Sous le sable : On s’y enlise parfois

Amoureux de Charlotte Rampling, précipitez vous voir "Sous le sable" ! En effet, la grande dame britannique y est filmée sous ses plus beaux aspects. On a franchement l'impression que la caméra est amoureuse d'elle, et les spectateurs aussi.

Elle incarne, dans cette nouvelle réalisation de François Ozon, une femme meurtrie et plus que perturbée par la disparition soudaine de son mari. Son rôle est très approprié à sa personnalité un peu mystérieuse, un regard à la Lauren Bacall qui en dit long sur ses émotions alors que le scénario ne lui laisse qu'une marge de manoeuvre plutôt étroite.

Ainsi, malgré une intrigue assez mince, le réalisateur de "Sitcom" parvient à trouver l'élément du récit qui vous tiendra en haleine pendant les 95 minutes du film. Les longs silences et la brièveté des dialogues servent à merveille les magnifiques images d'une Charlotte Rampling errante sur la plage.

Bruno Crémer est impeccable dans sa retenue. Il nous montre à nouveau son talent d'acteur fort peu demandé par le grand écran. Par contre Jacques Nolot est ridicule. Il campe un bien piètre amant. N'oublions pas le retour d'Alexandra Stewart, qui nous charmait naguère dans des productions de série Z italiennes.

"Sous le sable" (distribué par Haut et Court) plaira donc aux amoureux de Godart ou de certains films d'Antonioni. Les autres risqueront de passer leur chemin par peur d'un enlisement et c'est dommage.

Auteur :Pierre Godon

A propos de François Ozon :

Né le 15 novembre 1967 à Paris, François Ozon entre au département réalisation de la Femis en 1990 après avoir obtenu une maîtrise de Cinéma à Paris I et tourné une trentaine de films en Super-8. Après sa sortie de la Femis, il commence à réaliser des courts métrages en 35 mm, la plupart remarqués dans divers festivals ("Victor", "Une Rose entre Nous", "Action Vérité", "La Petite Mort", "Scènes de Lit"...). Parmi les plus acclamés, "Une Robe d'Eté", sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 1996, remporte de nombreux prix et sort en salles en 1997, en complément de programme de "Regarde la mer", un moyen métrage glaçant qui fit grincer de nombreuses dents. Touche-à-tout, Ozon suit Lionel Jospin durant la campagne des présidentielles en 1995 pour aboutir à un documentaire intitulé "Jospin s'éclaire". Mais Ozon devient surtout le meneur de file d'une nouvelle catégories de cinéastes : foncièrement intellectuel et très au fait de la technique cinématographique.

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