Critiques

Spectre : C’était mieux avant

Faut-il aller voir James Bond : "Spectre" (distribué par Sony Pictures) ? Pour VS Contre.

Une place de ciné, hors abonnement, ce n'est pas donnée. Même en tarif réduit. C'est la crise ma petite dame ! Chaque choix se doit donc d'être judicieux, et faire plaisir à son/sa dulciné(e) n'est plus un motif suffisant. Une fois n'est pas coutume, au Quotidien du Cinéma, on vous mâche le travail. Et plutôt que de vous jeter une critique lambda et mortifère, on vous file quelques clés qui justifient, ou non, le déplacement pour ce nouvel opus des aventures de l'agent Bond. James Bond.


POUR : c'est un James Bond les gars !

Ok l'argument est faible d'où sa présence en tête de liste mais tout de même. James Bond, c'est une saga mythique, un univers visuel unique. Un générique qui dresse les poils. Des costumes slims chatoyants tout droit sortis d'une pub Gant. Des grosses bagnoles, des belles montres, bref des joujoux qui mettent l'eau à la bouche (et je ne parle pas de Daniel Craig, non non).

Difficile d'imaginer un bon "Mission Impossible" et autres films d'action en tout genre sans James Bond pour guider le troupeau ! Se mater un James Bond est toujours la promesse d'un pur divertissement au budget pharaonique, mais avec son lot de cascades et explosions qui vont avec. Et ce "Spectre" n'en manque guère.


Contre : Où sont les femmes ?

Force est de constater une réelle régression avec ce nouvel opus. Il faut dire que le personnage d'Eva Green avait placé la barre au sommet dans "Casino Royale", peu importe ce qu'on puisse penser de son jeu. C'est la seule qui a su désarmer l'agent 007, le rendant ainsi plus humain et vulnérable que jamais. On appréciera d'ailleurs l'omniprésence du fantôme de Vesper Lynd dans ce "Spectre" et ce dès le générique. Pas de doute,  c'était l'amour de sa vie. Alors forcément, quand les noms de Monica Bellucci, beauté italienne plutôt badass et Léa Seydoux, autre frenchy, ont fuité, on était plutôt sereins. Pour mieux déchanter. Monica Bellucci n'est qu'un one-shot de plus, un cameo qui rendra folle la féministe du jeudi soir qui sommeille en vous (pourquoi du jeudi, merci de ne pas me demander).

Léa Seydoux, elle, peine sérieusement à convaincre, non pas à cause de son jeu-elle fait ce qu'elle peut la petite chérie. Mais son personnage demeure bien trop limité, simple prétexte à quelques scènes d'actions, gun-fight et enlèvements en tout genre. Elle ou une autre, c'était du pareil au même. A ce prix-là, autant garder l'amie Monica et lui demander de faire tout le travail. Surtout qu'une James Bond Girl qui a déjà un petit pied dans la cinquantaine, ça c'est badass, ça c'est de la disruption comme on les aime. Et bien non. A croire que le film était moins bankable sans l'héroïne de la vie d'Adèle.


Contre : Y'a mieux gratos ou en blu-ray…

La dramaturgie en prend un coup. Le fil conducteur n'est pas aussi épique et prenant que dans "Casino Royale" ou "Skyfall". Les scènes d'action certes sont à la hauteur. Mais on a clairement perdu niveau psychologie des personnages. Si on a évoqué la régression constante depuis "Casino Royale" des personnages féminins, le script lui aussi perd en intensité et complexité. On sent que ce "Spectre" est le final de l'ère Daniel Craig et que les scénaristes se devaient de trouver un tronc commun, un élément de résolution qui relie tous les films entre eux.

Seulement voilà, apprendre au bout de trois films que tous les plus grands méchants (de Mad Mikkelsen à Javier Bardem, tous cultes) n'étaient que de la pisse de chat, ça donne une sincère envie de crier remboursez. Comme tout James Bond, on s'attend aisément au twist final, au renversement du grand opposant par un Bond surhumain voire invincible. Sauf que "Spectre" s'annonce quelque peu simpliste pas moment, trop téléphoné peut-être. A noter que Christoph Waltz, supposé big boss de fin de jeu, est clairement sous-exploité et se révèle être bien moins intimidant que son personnage d'"Inglorious Basterds", pour n'en citer qu'un.


Pour : Histoire de dire au revoir au petit Daniel

Les rumeurs persistaient, les voici confirmées. Daniel Craig tire sa révérence et rend son permis de tuer. Sur son futur remplaçant, les rumeurs vont déjà de bon train. Le générique de fin a beau nous rassurer avec comme simple annonce « James Bond reviendra », on sait tous que cela sera sous une forme nouvelle. Littéralement. Rebootée, on peut se demander si la salve d'épisodes qui se prépare sera plutôt orientée drame ou comédie. En ce sens, Daniel Craig était un choix intéressant pour ne pas dire culotté. Pourtant sur lui, personne n'aurait parié un copeck. Un grand blond aux yeux bleus. Oreilles décollées, gueule cassée, regard bovin.

Si aujourd'hui l'acteur plaît, c'est grâce au costume de l'agent secret qu'il a enfilé pendant neuf ans, soyons très sincères. Et pourtant. Avec lui, l'agent irrésistible a pris une nouvelle tournure. Fini les galipettes pour amuser la galerie. Le personnage, à la manière du "Batman" de Christopher Nolan a gagné en tourments et noirceurs. Si tuer est son métier, ce n'est pas toujours facile. Par les pouvoirs qui me sont conférés, je prône cet argument à lui seul suffisant. Car, oui, nul ne sait ce que deviendra l'agent britannique dans les années à suivre. Alors allez voir ce nouvel opus, histoire de pouvoir dire avec véhémence et mauvaise foi « C'était mieux avant ».

Auteure :Mélissa Chevreuil
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