5 décembre 2021
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Spider-Man 2 : La tragédie d’un super-héros

Suite des aventures du super-héros teenager. Avec le premier "Spider-man", le grand Sam Raimi nous avait magnifiquement surpris en réalisant un film qui parvenait à remplir son contrat de grosse machine hollywoodienne sans toutefois renier les prétentions artistiques du réalisateur de "Darkman" ou "Evil Dead". Le numéro deux est à la hauteur du premier et même un cran au-dessus.

On y retrouve les mêmes qualités, les mêmes prouesses visuelles et le soin apporter aux personnages. La tragédie peut commencer. Car il s'agit bien de tragédie dans ce nouvel opus. Le premier nous avait laissé avec un Peter Parker (Tobey Maguire) pris dans un engrenage, tiraillé entre son rôle de vengeur masqué et sa vie d'étudiant binoclard et maladroit. Presque responsable de la mort de son oncle et assassin du père de son meilleur ami, Peter devait en plus refuser l'amour que lui offrait Mary-Jane (Kirsten Dunst). Un vrai casse-tête chinois !

Devenu simple livreur de pizzas pour payer ses cours à la fac et son loyer, Peter Parker a de plus en plus de mal à assumer sa double vie. Mary-Jane est devenue comédienne et s'apprête à épouser un bel hidalgo, sa tante May (Rosemary Harry) peine à joindre les deux bouts et va devoir bientôt se séparer de sa maison, quant à son meilleur ami, Harry Osborn (James Franco), il a repris les affaires de son père et n'attend qu'une chose, le venger en tuant Spider-man.

La première surprise de "Spider-man 2" est que l'on voit assez peu l'araignée humaine, le film s'attachant davantage aux personnages, développant le trauma dans lequel se trouve Peter, accordant plus que jamais de la place à la psychologie (quitte peut-être à décevoir les spectateurs pop-corniens…). Sam Raimi filme a hauteur d'homme et réalise moins un blockbuster (ce que sera "Spider-man 2" évidemment…) qu'une tragédie moderne sur les thèmes du sacrifice, de l'héroïsme, du passage tout simplement à l'âge adulte. Car le plaisir que l'on prend à ses aventures vient aussi du fait que ses personnages sont des teenagers. On a sans cesse l'impression qu'ils jouent comme dans une cour d'école, qu'ils se mettent en scène eux-mêmes parodiant ou mimant leurs héros préférés.

Mais ce nouvel opus ne remplirait pas entièrement son contrat s'il n'y avait pas un méchant redoutable. Comme avec Osborn/le bouffon vert (on se souvient de l'extraordinaire composition de Willem Dafoe), le vilain de l'histoire n'est qu'au départ un scientifique réputé Dr Otto Octavius (Alfred Molina) qui va passer de l'autre côté des ténèbres en devenant le Dr Octopus, flanqué de tentacules mécaniques. Un beau personnage Burtonien (on pense à Edward ou au Pingouin de "Batman 2"), responsable de la mort de sa femme et victime de sa création. Le face-à-face nous offre de grandes scènes d'action où Sam Raimi s'en donne à cœur joie côté visuel.

"Spider-man 2" est un film passionnant de bout en bout, bien plus intelligent que sa condition de machine à fric. Sam Raimi n'a pas perdu son âme et on attend évidemment le troisième avec impatience.

Auteur :Christophe Roussel
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