5 décembre 2021
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Spider-Man 2 : Volet 2 réussi !

Après l'immense succès du premier volet de cette série qui ne semble pas devoir s'achever avant longtemps, Sam Raimi et Tobey Maguire reprennent du service, pour notre plus grand plaisir avec "Spider-man 2". Car, lorsque l'on a deux sous de jugeote, comment se laisser aller totalement au spectacle d'un héros musclé en collant (type "Daredevil" avec l'inexistant Ben Affleck), ou à un film d'action fleurant bon la testostérone et la glorification bête de la virilité (c'est bon pour la puberté, mais passé 15 ans, ça devient franchement ennuyeux) ? Et bien Sam Raimi, un des rares à pouvoir inscrire sa marque à un projet aussi pantagruélique que Spiderman, parvient presque à rendre intelligent et drôle le film d'action en lycra. Certes, les effets spéciaux et les scènes d'action sont soignés, mais on sent bien que ce qui intéresse Raimi est ailleurs, dans les parenthèses que lui ménage le scénario.

Une fois expédiées quelques scènes niaiseuses entre Peter et sa tante, ou relatant quelques aspects de l'histoire qui le lie à MJ, c'est le quotidien d'un garçon comme les autres que nous raconte Raimi. D'un héros abattu de voir que son costume d'araignée a déteint sur ses caleçons à la laverie... Et c'est bien là qu'est l'attrait immédiat de "Spider-man 2" : ici le héros n'est pas une figure froide et lointaine, inaccessible. Mais on remarque surtout, tapie sous la surface, une préoccupation de Raimi pour la figure schizophrénique de la masculinité. Peter tente de trouver sa voie entre adolescence et âge adulte, tente de se trouver une figure tutélaire à laquelle s'identifier, en l'absence de son oncle Ben. Raimi a assez de finesse pour ouvrir là une réflexion sur les rôles que nous propose la société : tous les modèles de Peter s'avèrent à même de sombrer dans une masculinité outrancière et destructrice.

Que reste-t-il à Peter, sinon la perspective de se construire seul, d'apprendre par lui-même un autre rapport aux femmes, par exemple (d'où l'importance de sa relation avec MJ qui lui dira "montre-moi assez de respect pour considérer que je peux choisir par moi-même"). C'est cette quête ardue mais salutaire qui fait de Parker un héros incertain, mal assuré, certainement pas imbu de son statut de sauveur viril; et c'est ce qui le rend si sympathique. Le réalisateur semble nourrir une réflexion sur ces sujets, amorcée au moins depuis Intuitions, qui explique sans doute en partie qu'un scénario de film d'action passant entre ses mains s'avère aussi fin et surprenant.

Et puis, pour conclure et pour les plus fans d'entre vous, cherchez le clin d'oeil à "Evil Dead" qui s'invite dans le petit monde tout de même bien lisse de Peter Parker.

Auteur :Benjamin Thomas
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