28 septembre 2021
Critiques

Spirale : Une mise à l’épreuve

Par Alexa Bouhelier-Ruelle


J’ai une confession à vous faire : je n’ai jamais vu un seul film de la saga "Saw ". Une confession qui n’est pas si embarrassante que cela si on y pense, et un détail qui fait de moi à la fois le meilleur public pour ce neuvième volet, "Spirale : L'Héritage de Saw", mais aussi le pire. Mon absence de connaissance sur la saga est une force : étant une spectatrice non initiée, je fais partie du public que Darren Lynn Bousman et Chris Rock (producteur exécutif) tentent de séduire avec ce nouveau film. Mais c’est aussi une faiblesse : dans une interview, le réalisateur à fait référence au « meilleur de… », ce qui veut dire que ce dernier film est lié d’une façon ou d’une autre aux chapitres précédents afin de combler les fans inconditionnels — dont je ne fais pas partie.

Et c’est exactement ce que "Spirale" fait, ou au moins tente de faire. En effet, ce nouveau chapitre de la saga à succès manque un peu de discipline pour éviter les mêmes pièges qui ont ébranlé la franchise auparavant. Cependant, ce film arrive à trouver une nouvelle direction en revenant à ce qui marchait dans les premiers volets (oui, depuis j’ai fait mes devoirs) et quelques zestes de politique. Sur le papier, le mélange entre l’intelligence comique de Chris Rock, qui est très souvent brillant et inspiré, et le conflit moral initié par le scénario semble être un combo gagnant.

Cette neuvième entrée essaie de renouveler la saga. Rock est le personnage principal, un agent frustré qui ne suit pas les règles, avec un passé torturé, une réplique en toute circonstance, divorcé et qui travaille mieux seul. C’est cette étincelle entre Zeke et ses collègues qui embrase le film et qui permet à Chris Rock de présenter une performance crue et instable. De plus, la dynamique père/fils entre Samuel L. Jackson et Chris Rock est impeccable.

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Chris Rock - Copyright Studiocanal GmbH / Lionsgate / Brooke Palmer

Réalisée par Darren Lynn Bousman, qui était déjà derrière les trois derniers chapitres de la saga, l’esthétique du film est étonnement en accord avec le scénario. Mais est-ce réellement suffisant pour apporter une vision complètement nouvelle ? Cette notion de moralité qui revient encore et encore dans l’univers "Saw" est maintenant mise à l’épreuve avec les forces de police. Ce qui est historiquement pertinent après l’année que nous venons de vivre partout dans le monde. Cependant, ce thème est trop peu exploré pour être efficace. La franchise a déjà flirté avec les inégalités systémiques dans le passé, plus particulièrement avec le système de santé américain. Ici, encore une fois, "Spirale" se préoccupe de justice sociale et en fait même son cheval de bataille.

Pour tous les fans qui se poseraient la question, "Spirale" délivre bel et bien les scènes gores que l’on a l’habitude de voir dans la saga. Malheureusement l’aspect irréformable de la police au détriment d’une intégrité, dans un contexte qui met en avant le pouvoir au-dessus de tout, n’est pas assez utilisé. Mais, si la mission était, comme l’a rappelé Bousman dans plusieurs interviews, de créer un film avec une narration forte au lieu de se reposer sur la torture habituelle, il touche au but. "Spirale"» est incontestablement différent de ses prédécesseurs, et ceci dans les moments les plus discrets où Zeke réfléchit aux vertus qu’ont ces crimes en série qu’ils essaient de stopper.

"Spirale" reste donc et à l'évidence un film de la saga "Saw", mais, cette fois-ci, le film ne se résume pas à des scènes-choc trop réductrices. Il entend bel et bien à faire passer un message bien plus important. Nul ne s'en plaindra.

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