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Spy game, jeu d’espions : Poussif

La rencontre Redford-Pitt devant l'écran (après "Et au milieu coule une rivière" où Redford le cinéaste filmait Pitt le jeune débutant) fait l'office d'un pétard mouillé.

Dire que ce banal et traditionnel film d'espionnage sent le réchauffé est un euphémisme. A côté de "Spy Game", même "Le seigneur des anneaux : La Communauté de l'Anneau" passe pour un chef-d'œuvre d'originalité.

Les scénaristes et Tony Scott nous refont le coup du vieux loup qui enseigne toutes les ficelles du métier au jeune bleu de service. Quelques années plus tard, Nathan Muir (Robert Redford) n'a que 24 heures pour sauver la vie de son ancien élève, Tom Bishop (Brad Pitt), torturé dans une prison chinoise. Pour cela, il va devoir agir en secret (pour un agent, c'est préférable…) contre ses collègues de la C.I.A, une institution indispensable aux studios hollywoodiens.

Le héros vieillissant qui, avant la retraite, joue sa dernière carte, Brad Pitt dans son énième rôle de fou-fou flingueur qui n'a peur de rien, ni de personne, la love story indispensable, fan club de Brad Pitt oblige, les scènes d'actions et d'explosions les plus énormes possibles…

Rien ne manque dans ce programme surfait et déjà connu à l'avance. Robert Redford nous la joue force tranquille, accusant les coups sans le montrer, dupant ses collègues avec un plaisir rare. A lui seul, il faut l'avouer, le film mérite le détour même si avec le temps, le Redford cinéaste est devenu bien plus intéressant que l'acteur (revoyez "Des gens sans importance" et "Milagro" par exemple).

Toutefois, le pire dans ce film n'est pas finalement cette désagréable impression de déjà vu, mais la réalisation de Tony Scott passé maître dans l'art pompier. Avec son arsenal de caméras, ses vues aériennes, Scott multiplie les plans et les angles de prise de vues en nous donnant quasiment le tournis.

Cette façon de filmer exclut toute notion de mise en scène: les gros plans abondent, l'acteur est filmé sous toutes les coutures. Comment peut-il bouger librement dans un cadre aussi étroit ? Scott confond rythme et hystérie. On sort de ce film lessivé en se demandant comment on a pu tenir le coup durant 2 heures 15.

Dans genre film d'espionnage, mieux vaut revoir "Les trois jours du condor" de Sidney Pollack (1975) où Redford jouait avec plus de conviction un agent spécial de la C.I.A devant contrer les fuites des secrets scientifiques vers l'étranger. Du suspense dans ce film, il y en avait. Dans "Spy Game", on a beau chercher, il n'y en a pas.

Allez, courage Brad, encore un petit effort… Papy Redford va bientôt tout arranger !

Auteur :Christophe Roussel

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