28 octobre 2021
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Spy Game : Les trois jours du Condor

Tony Scott poursuit son virage amorcé dans la catégorie espionnage avec une production se situant entre le huis clos d'"USS Alabama" (1994) et la paranoïa ambiante d'"Ennemi d'état" (1998). Avec "Spy Game" (distribué par Metropolitan), le réalisateur acquiert une certaine maîtrise dans la mise en scène, s'éloignant progressivement du style clippesque de ses premiers films. A cette occasion, il réunit devant la caméra Robert Redford, figure mythique du cinéma américain, et Brad Pitt, acteur maintenant reconnu dans le métier. Le premier ayant justement révélé le second dans le très émouvant "Et au milieu coule une rivière" (1992).

Après un prologue plutôt nerveux en Chine, l'intrigue pose ses repères dans un milieu hostile : d'emblée, la C.I.A. est présentée comme une organisation inhospitalière et un refuge pour les arrivistes. Celle-ci veut à tout prix se disculper et discréditer l'espion clandestin condamné à mort en convoquant son ancien partenaire. Par flash-back interposés, on suit l'apprentissage du jeune agent secret à travers trois décennies (Vietnam, R.D.A. et Liban) et plus tard, l'amitié qui le liera à son mentor.

Loin du romantisme de sa précédente réalisation, on y retrouve un excellent Robert Redford, grave, tour à tour, rédempteur et manipulateur dans un rôle qui s'inscrit dans la lignée de celui qu'il interprétait dans "Les trois jours du Condor" (Sydney Pollack, 1975). Face à lui, Brad Pitt, sorte de reflet rajeuni du personnage de Redford, reste crédible dans toutes les situations. Brad Pitt marcherait-il sur les traces de Robert Redford ? Au regard de ses choix, il semble que sa carrière ait choisi de suivre la même voie. Cette interprétation de qualité vient appuyer un scénario solide ne manquant pas de subtilité et jouant également sur la relation maître et élève.

Un seul regret tout de même dans "Spy Game" : l'emploi d'effets de style notamment d'inutiles plans arrêtés en noir et blanc avec affichage de l'heure. On peut même trouver certaines séquences un peu bavardes mais qui réussissent à tenir en éveil grâce au climat tendu. En définitive, on peut apprécier un bon thriller psychologique et politique, qui se rapproche par certains aspects de l'esprit des romans de Tom Clancy ("Danger immédiat" avec Harrison Ford), dominé par la présence d'un Robert Redford au meilleur de sa forme.

Auteur :Fabien Rousseau

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