14 décembre 2019
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Star Trek Into Darkness : La critique

En 2009 sortait le 11ème film tiré de la série "Star Trek", soit 30 ans après "Star Trek : The Motion Picture", premier adaptation sur grand écran réalisée par Robert Wise. Aux commandes, J.J. Abrams : réalisateur, scénariste et essentiellement producteur monstre. Il remplissait l'objectif fixé, rameuter néophytes et trekkies (fans absolus de la série qui demandent leur baguette de pain en klingon), tout en marquant le renouveau cinématographique de la saga, qui n'avait pas eu le droit à une adaptation depuis 2002.

Il faut bien avouer que ce "Star Trek – The Future Begins"  était une réussite. En plus d'être intelligemment introduit dans la continuité de l'univers, de son rythme, sa mise en scène et sa b.o résultait un habile space-opera grandiose largement accessible, n'oubliant pas les fans hardcores. Fort de ce succès, le 12ème long-métrage est rapidement mis en chantier. Nos espoirs d'une suite encore meilleure étaient ardents. Et l'on se demande à présent si on n'en attendait pas un peu trop… « Shall we begin ? » (prononcez avec une voix très grave, vous aurez l'air menaçant).

"Star Trek Into Darkness" est un film contradictoire. Il se résume à ce qu'on attend de lui : un blockbuster à l'envergure monstrueuse, tout en offrant à son spectateur une grande majorité de scènes à échelle humaine. Autrement dit, on passe plus de temps aux côtés des personnages, entre les réunions d'urgence et les sas de téléportation qu'à apprécier des batailles spatiales. Cela ne constitue pas en soi un problème. Toutefois, l'euphorie de la première séquence, jouée tambours battants, redécolle difficilement une fois l'Enterprise amarré au-dessus de la Terre. La faute à des personnages sacrifiés et un scénario balisé, qui se contente de suivre la route bien goudronnée du film d'action.

Aucune impétuosité ni fougue, les étapes s'enchaînent gentiment jusqu'à un twist impersonnel et éloigné de toute surprise.De ce fait, on note une « iron-manisation » de l'humour agaçante, vaine tentative d'insuffler du rythme au tout. Il faut, pour en finir avec le scénario, revenir sur cette scénette où l'on voit l'actrice Alice Eve en sous-vêtements. Rien de choquant en soi, si ce n'est son inutilité flagrante, ayant pour seul but de remplir le quota érotique du blockbuster moyen ! Certains iront donc jusqu'à imputer ce trou noir d'écriture à Damon Lindelof, déjà scénariste du controversé "Prometheus" de Ridley Scott. Nous, on se contentera de s'inquiéter à chaque apparition prochaine de son nom sur un projet…

Le fil scénaristique a beau être d'une banalité affligeante, il peut compter sur la mise en scène du réalisateur pour inverser la pression-moteur. J.J. Abrams sait y faire avec le style entertainment, ce qu'il a notamment démontré avec le très spielbergien "Super 8". Les scènes d'action sont d'une lisibilité bienvenue, tandis qu'une scène de transfert « manuel » d'un vaisseau à un autre laissera le souffle coupé ! La 3D, ajoutée en post-production et souhaitée par la Paramount, donne une profondeur d'image intéressante lors des virées spatiales, mais loin d'être indispensable. L'ambiance sonore est, quant à elle, parfaitement gérée, si l'on excepte les grondements titanesques imposés depuis "Inception", et la b.o remplit son contrat, reprenant les thèmes mythiques de la série, bien qu'on pourra reprocher l'absence de cette tension ressentie à l'écoute du thème romulien dans l'opus précédent. Sachez que vous en prendrez quoi qu'il arrive plein les oreilles, blockbuster oblige.

Le dicton « Meilleur est le méchant, meilleur est le film » se vérifie régulièrement (ex : positivement avec Javier Bardem dans "Skyfall"; négativement avec le Lézard dans "The Amazing SpiderMan"). Et "Star Trek Into Darkness" peut se targuer d'avoir l'un des bad guy les plus charismatiques de ces dernières années, en la personne de Benedict Cumberbatch. On le pressentait depuis les bandes annonces aperçues à contrecœur, cela est confirmé : à chaque apparition, on ressent avec une euphorie particulière la noirceur et le caractère implacable de ce personnage sibyllin, à la voix grave grondante.

A côté de ce cher John Harrison, difficile pour les autres personnages d'exister. Aucun acteur ne démérite, mention encore une fois à Zachary Quinto en Spock touchant de sérieux, mais pas un ne fait le poids face à la vedette incontestée du film. Non, on n'oublie pas le personnage de Simon Pegg, dont le potentiel humoristique était décelé dès son apparition dans le volet de 2009. Toujours le bon mot au bon moment (c'est-à-dire à chaque réplique), voici un rôle qui ne manquera pas de rappeler un certain Tony Stark, le cynisme ronflant en moins…
Auteur :Christopher Ramoné
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