23 octobre 2019
Critiques

Star Trek Sans Limites : La caravane des étoiles

Pour ce troisième opus de la caravane des étoiles, J.J. Abrams passe les commandes à Justine Lin, transfuge de "Fast & Furious" qui se paye le luxe d'adapter un scénario de la plume de Simon Pegg. On aurait pu craindre que les deux univers ne s'accordent pas et ne cohabitent qu'aux prix de couacs infamant, faisant du film un énième produit au rythme chaotique et aux changements de tons incessants et surréalistes. Mais force est de constater qu'il s'agit là du blockbuster de l'été le mieux dosé, pas le moins consensuel, loin s'en faut, mais certainement le moins décevant tant cette association s'avère étonnamment payante.

"Star Trek Sans Limites" marche moins dans les traces de ses deux prédécesseurs ("Star Trek" sorti en 2009 par exemple) que dans celles de la série de films originaux, principalement les deux opus réalisés par Leonard Nimoy (à la mémoire duquel le film est dédié, ainsi qu'à celle d'Anton Yelchin), retournant à des préoccupations beaucoup plus humano-centrées et évitant de se reposer sur des circonvolutions scénaristiques à bases de Deux Ex Machina Spatio-temporels. Simon Pegg resserre son scénario autour des doutes des personnages principaux, notamment ceux du Capitaine Kirk et du Commandant Spock qui traversent chacun de leur côté une crise de questionnement existentiels. La vie à bord de l'Enterprise ne serait-elle pas devenue un peu trop routinière, ne leur faudrait-il pas changer de cap pour trouver un sens à leur vie. On pourra reprocher au  scénario de ne jamais creuser en profondeur cette idée, ni de mettre en avant l'évolution des personnages qui mènent ces derniers et leur décision finale, mais la tentative de lancement de ces pistes de réflexion est déjà louable.

Il ne sera pas mal aisé, même au spectateur le plus réfractaire à la S-F « old school », de s'y retrouver et d'apprécier le discours sur ce qui unis l'équipage, les différences qui font la force de cette union… La fable humaniste est légère, mais elle compte pour un discours à part entière, ce dont la production hollywoodienne manque cruellement en ces temps de conformisme à outrance.

Au niveau visuel, on ne regrettera pas l'absence des « lens flare » devenus la signature stylistique d'Abrams et envahissant par moment tellement l'image du précédent film ("Star Trek Into Darkness") qu'ils donnaient l'impression de le regarder avec le soleil dans l'œil. Si elle n'est pas renversante, la réalisation de Justin Lin est d'un classicisme bienvenu qui ne s'interdit pas cependant quelques démonstrations d'audaces un rien crâneuses, en témoigne un climax mémorable au son des Beastie Boys.

Rien à reprocher donc à ce nouvel opus, mais pas de quoi se pâmer non plus au regard d'un titre un rien mensonger. Ironiquement, "Star Trek Sans Limites" nous laisse entrevoir des possibilités folles et se retrouve très vite limité en terme de créativité, de développement des personnages etc. Mais Simon Pegg a visiblement amorcé un retour aux sources, à l'esprit de la série originel, ce qui constitue un nouveau départ prometteur pour l'avenir de "Star Trek".  Il ne reste donc plus qu'à attendre que le prochain épisode se retrouve entre des mains capables d'orchestrer un spectacle qui irait au-delà de ce que la franchise a pu proposer jusqu'à présent.
Auteur :Gabriel Carton
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