Critiques

Star Wars : Le Réveil de la Force : Un nanar ?

Pourquoi (selon moi) "Star Wars : Le Réveil de la Force" est un Nanar. Attention : cet article peut heurter la sensibilité de certains fans. Pour assurer votre confort de lecture, il est conseiller de vous munir d'une boule antistress ou d'un paquet de Pim's à la framboise.

Dans la vie, tout n'est pas tout noir ou tout blanc. C'est du moins ce que nous inculquent nos parents, professeurs et aléas de la vie. Seul "Star Wars" aime déroger à la règle. Pas seulement pour son scénario ultra manichéen (et ce bien avant son rachat par Mickey Mouse). Faut dire que depuis le premier trailer, le monde se divise en deux parties : les fans absolus de la force… Et le reste du monde, qui s'en balance comme de sa première paire de chaussettes.

Il est l'heure du coming-out. Oui, je fais partie de ces gens qui ne tentent même pas d'esquisser un sourire lorsque Henri de la compta se lance dans une imitation gênante de Dark Vador avec le gobelet de son café. Plus jeune, j'étais team "Charmed", "Buffy contre les vampires" et compagnie, pour le côté girly. "La planète des singes" et Marvel, pour le côté fierté. "High School Musical" avec le beau Troy Bolton (oh, Zac…) pour le côté musi…. Bon ok, là ce sont mes hormones qui parlent. Bref, tout ça pour dire que ce "Star Wars"  septième du nom, j'y suis allée par curiosité. Bien après les avant-premières, messes pour cosplayers. Ainsi se pose la question : que peut apporter "Star Wars" à une néophyte ?

Car oui, néophyte je suis… et je resterai. J'ai vu les deux trilogies. Avec une indifférence certaine. Je reconnais les mises en scènes de l'époque, l'aspect culte, l'univers fouillé, travaillé. Les macarons de la princesse Leia, j'ai tenté de les imiter, sans succès. Mais jamais je ne fus aspirée par le tourbillon (tant cinématographique que mercantile) de George Lucas. Une résistante, une vraie de vraie.

Plutôt que de me lancer en territoire inconnu, j'ai sagement attendu le mercredi 16, à 9h01 comme les studios Disney l'exigeaient, pour lire les premières critiques de "Star Wars : Le Réveil de la Force". Toutes mitigées. "Star Wars : Le Réveil de la Force" est comme on pouvait s'y attendre du fan service pur et dur qui ravira les nostalgiques de la première heure. Toutefois, la mission du studio aux grandes oreilles est, non seulement de reconquérir les papas, mais aussi de séduire leurs chérubins, bien plus prescripteurs puisque en général détenteurs du pouvoir d'achat. Suffit de voir le nombre de produits dérivés sortis à l'occasion des fêtes. Avec les fruits estampillés "Star Wars", on atteint les sommets du ridicule.

Cela étant, rentrons plus en détail dans le vif du sujet. Qu'est ce "Star Wars : Le Réveil de la Force" peut apporter à quelqu'un comme moi ? Relativement cinéphile, pas très difficile, amatrice de blockbusters bien gras MAIS (et quel mais) pas fana de la saga. Et bien à part quelques fous-rires, pas grand-chose. L'histoire n'a rien d'original et aurait certainement pu être écrite par mon frère de dix ans (bon ok il va sur ses vingt mais dix ça fait tout de suite plus « choc »). Difficile, voire hypocrite de reprocher au film son côté manichéen qui n'a rien à envier à un bon vieux "Avengers".

Problème dans ce type de schéma narratif : l'absence totale de tension. Si ce n'est quelques retournements et autres twists, difficile d'avoir les mains moites concernant l'avenir de notre nouvelle paire d'héros. Héros plutôt fades, tout en passant. Si la britannique Daisy Ridley a de quoi séduire les premiers instants avec ses faux airs de Keira Knightley (doublure de la princesse Leia dans "La Menace Fantôme" par exemple, coïncidence ?), John Boyega relève de l'insupportable. Il y a des coups qui se perdent. Heureusement pour lui, la palme d'or du ridicule revient sans conteste à Adam Driver qui transforme chaque scène en pitoyable parodie. Le jeune homme perd tout semblant de crédibilité acquise jusqu'alors grâce à la série "Girls". Ses répliques, dignes d'un épisode de "Smallville" (c'est dire le niveau), son culte ridicule pour son grand-père et enfin (et surtout) les moments où il retire le masque. Synonymes de fou rire garanti.

Tout est too much et dans la surenchère. Même les bons vieux seconds couteaux ne sont plus ce qu'ils étaient. Attention, gros spoiler poilu dans les lignes qui suivent. Le visage d'Harrison Ford, transpercé par l'arme de sa propre progéniture, est digne d'un mème, à se demander pourquoi il n'est pas déjà viral. L'acte en lui-même n'a absolument pas lieu d'être. La mort du père pour forger l'identité n'est plus un leitmotiv mais un gimmick répété de telle sorte qu'il en pollue la saga. Je sais pas J.J. Abrams, fais un effort. "Game of Thrones", tu connais pas ?

Les clins d'oeils ne s'arrêtent pas aux actions dans "Star Wars : Le Réveil de la Force"  mais vont jusqu'à la mise en scène et plus particulièrement au montage. A votre humble avis, que pourrait bien penser un jeune né dans les années 2000, maîtrisant première pro et final cut comme sa poche, de ces effets de transitions cheap à souhait ? Un bon clin d'œil ne l'est que lorsqu'il est justifié. S'il n'existe que pour tirer sur la corde sensible nommée « nostalgie », alors il tire volontaire sur une partie de son public qui criera au canular. Ou l'écrira dans ses mémoires, un peu comme en ce moment m'voyez.

Enfin, j'ai gardé le meilleur pour la fin. Les scènes d'actions. J'ignore par qui elles sont dirigées mais nul doute que notre Kamel Ouali national s'en serait probablement mieux tiré. L'ultime confrontation est, elle, digne d'un épisode de "Dragon Ball". Ce qui ne devrait pourtant pas me déplaire dans l'idée. Sauf que j'ai un peu dépassé mes douze ans. Et j'ai cité "Dragon Ball". Pas "Dragon Ball Z", et ouais.

Par respect pour les aficionados au cœur d'artichaut, je passe volontairement outre les effets spéciaux et design des personnages, armes ou vaisseaux. Mais avouez que le tout a pris un sacré coup de vieux. Autrement dit, soyons très honnêtes. Si ce film a tout pour plaire aux amateurs qui, il semblerait, forment 90% de la population apte à aller dans une salle de ciné… La petite minorité que nous formons n'y trouvera guère à boire ou à manger. Sauf si vous achetez des popcorns avant de venir, bien sûr.

Alors, amis non-fans de "Star Wars", n'ayez plus peur de sortir du placard ! De dévoiler notre incompréhension face aux langages puérils de Cache-cache et de cet aspirateur du futur qu'est R2-D2 ! Avouez haut et fort votre non préférence ! Ensemble, unissons-nous pour enfin avoir la tolérance et le respect que nous méritons. Que la force soit avec nous !

Note de l'auteure : Dans l'idée de rester en vie après pareille missive assassine, l'auteure a engagé deux gardes du corps vétérans de la seconde guerre du Golfe. A vos risques et périls, donc.

Auteure :Mélissa Chevreuil
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