Archives Critiques

Starwars – L’Attaque des Clones : La Force est enfin avec eux

"Star Wars : L'Attaque des Clones" est, de loin, l'épisode le plus riche et le plus représentatif de la série. En 1977, George Lucas avait réalisé avec "Star Wars : Un Nouvel Espoir", le premier film post-moderne de l'histoire du cinéma. Le principe du post-modernisme est de mélanger, de recycler différents genres et de créer ainsi un genre nouveau qui est le plus-un de tous les autres. C'est bien en cela que "Star Wars : L'Attaque des Clones" est représentatif de toute l'entreprise de Lucas.

Le film mélange brillamment le thriller politique, le film d'action, la romance, le péplum, le film de cape et d'épée, le western, le récit d'apprentissage... Lucas n'invente rien (sa réalisation d'ailleurs est toujours aussi classique et dépourvue d'originalité...) mais parvient avec ce film hybride à un résultat réellement plus convaincant que l'épisode 1 sorti il y a trois ans.

Reprenant la structure scénaristique de "Star Wars : L'Empire contre-attaque", Lucas nous fait suivre deux intrigues en parallèles : le jeune Anakin (Hayden Christensen) doit protéger la princesse Padmé Amidala (Natalie Portman) victime d'un attentat dès son arrivée sur la planète Coruscant (la République est effectivement menacée par de dangereux Séparatistes...). Il l'emmène sur la planète Naboo et leur histoire d'amour commence.

Mais Anakin est torturé par le souvenir de sa mère et veut la revoir à tout prix. Il va donc regagner, accompagné de la princesse, la planète Tatooine, celle de son enfance comme nous le montrait l'épisode 1. Pendant ce temps, Obi-Wan Kenobi (Ewan McGregor) se lance à la poursuite de Boba Fett, le chasseur de prime (déjà présent dans la seconde trilogie). Ses recherches l'amènent jusqu'à la planète Kamino où il découvre toute une armée de clones destinée à combattre auprès de la République. A moins que cela ne soit l'inverse... Les péripéties sont nombreuses et Lucas réussit un habile dosage entre les scènes d'actions et celles plus intimistes entre Anakin et Padmé.

Certains critiques (Les Cahiers du cinéma pour ne pas les nommer...) avaient taxé Lucas de misogynie à cause des tenues que portait Natalie Portman dans le premier épisode. Là, il n'en est rien. Lucas filme une femme partagée entre son devoir et son amour pour le ténébreux Anakin et surtout il filme une jeune comédienne très convaincante qui apporte un peu d'émotion et d'humanité à ce spectacle qui croule, il est vrai, sous la technologie, ère numérique oblige...

Comme dans "Star Wars : La Menace Fantôme", les acteurs côtoient toujours des personnages virtuels (Jar Jar Binks; le maître Yoda...) et leurs expressions sont parfois retouchées par morphing... On peut regretter à raison la simplicité et l'économie des effets spéciaux de la seconde trilogie (pour ma part, je reste un nostalgique des épisodes 4, 5 et 6). Ici, l'économie a laissé place à la surabondance.

C'est l'éternel bémol lancé sur tous les films hollywoodiens de cette envergure. L'attaque des clones, aussi réussi soit-il, n'échappe pas à la règle. Evidemment, la musique est toujours aussi envahissante, les bestioles de plus en plus nombreuses jusqu'à l'outrance et l'accumulation des péripéties peuvent provoquer une certaine lassitude. Si rien de nouveau n'émerge de "Star Wars : L'Attaque des Clones", on retrouve un élément très important que Lucas avait omis de mettre dans le premier épisode : l'humour grâce aux Laurel et Hardy intergalactiques, R2D2 et C3PO. A cela, il faut ajouter les combats aux sabres lasers toujours aussi visuellement jouissif, des poursuites aériennes impressionnantes et surtout l'évolution d'Anakin dont le futur changement vers le côté obscur de la Force nous est expliqué.

Les liens avec la seconde trilogie abondent : on découvre le futur oncle Owen qui s'occupera de Luke Skywalker; le sénateur Palpatine décèle peu à peu son vrai visage, celui de l'empereur qu'il deviendra; la gestuelle de la princesse rappelle celle de Léïa, sa future fille...Le vrai retour de Star Wars s'opère donc avec "Star Wars : L'Attaque des Clones". Le prochain sera à coup sûr le plus tragique, le plus romanesque et le plus noir. Comme le dirait le maître Yoda : "difficile d'attendre jusqu'en 2005 il sera..."

Auteur :Christophe Roussel
Tous nos contenus sur "Starwars - L'Attaque des Clones" Toutes les critiques de "Christophe Roussel"

ça peut vous interesser

Redécouvrez Gus Van Sant et son Elephant

Rédaction

Tout peut changer : La critique du film

Rédaction

L’ascension de Skywalker : La force tranquille

Rédaction