19 octobre 2019
Archives Critiques

Superman Returns : La critique du film

Après avoir réalisé, avec les deux premiers épisodes de "X-Men", deux des meilleurs films de super-héros parmi les innombrables sortis ces dernières années, il fallait vraiment que le projet de "Superman Returns" soit sacrément béton pour que Bryan Singer laisse tomber la production déjà engagée d'"X-Men 3". 

Il est d'ailleurs amusant de signaler qu'avant que Singer ne s'intéresse au projet, c'était Brett Ratner qui était pressentit pour réaliser le film, lequel, sorti du projet, est du coup allé réaliser "X-Men 3"...

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que le projet de donner un coup de jeune à Superman remonte à plusieurs années et qu'à l'époque, c'était Tim Burton qui devait le mettre en scène avec Nicolas Cage dans le rôle titre.

Peut-être a-t-il senti le coup fourré et que, déjà échaudé par le plantage de "La Planète des Singes", ne s'est-il pas senti l'envie de retourner dans ce genre de galère. Vous aurez compris à lire ces quelques lignes que nous ne pouvons pas vraiment parler de réussite à propos de ce "Superman Returns".

La faute en premier lieu à un scénario particulièrement poussif alignant les scènes de sauvetage de Superman, un peu comme Spider-Man, la classe en moins : « Waouh, il est fort Superman ! », « Waouh, il va vite Superman ! », « Et puis qu'est ce qu'il vole bien ! », « En plus, il est beau ! ».

Bref, on attendait un peu plus de la part d'un réalisateur qui a toujours eu le chic pour explorer la profondeur obscure de ses personnages, de Keyser Söse à Wolverine et autre Magnéto en passant par les deux formidables personnages d'« Un élève doué ».

Personnage de BD déjà parmi les plus fades qui soit, les films avec Christopher Reeves ne lui ayant pas donné non plus une brusque montée de charisme, n'attendez pas de ce film qu'il nous livre la face sombre de Superman, ni même une quelconque facette d'ailleurs.

Un scénario creux, à la limite, ça pourrait passer, mais je me demande bien quelle est cette nouvelle manie hollywoodienne de désormais systématiquement dépasser les 2h15 voir les 2 h30 (2h34 pour celui-ci) pour filmer des scénarios vides.

Avec des effets spéciaux bien fichus (ici, il faut admettre qu'il n'y a pas grand-chose à redire à ce niveau même ci avec le budget, il ne manquerait plus que ça) et quelques scènes qui défoulent, on pourrait encore ne pas voir les faiblesses d'un film d'1h45, mais en 2h30, on a bien le temps d'y réfléchir.

Je parlais de Superman comme d'un personnage fade. Force est de constater que ce n'est certainement pas Brandon Routh dont c'est la première apparition au cinéma qui bouleversera la donne. Il paraît qu'il fallait un inconnu pour incarner Superman afin que l'acteur ne prenne pas le dessus sur le personnage. Peut-être.

Il n'empêche que ça ne m'aurait pas dérangé de voir ce que Nicolas Cage aurait pu apporter au personnage, plus particulièrement sous l'œil de Burton. En prenant des « belles gueules » de jeunes premiers comme l'était d'ailleurs Christopher Reeves en 1978, sans jamais essayer d'approfondir le personnage, on ne s'étonnera pas que Superman ne parvienne jamais à la cheville des Batman, Spider-Man et autre Wolverine.

En fait, à la vision, à deux mois de décalage, de ce "Superman Returns" et d'"X-Men 3", on se met subitement à imaginer que Ratner et Singer n'ont jamais échangé leurs rôles et que si "Superman Returns" reste le flan qu'on vient de voir, au moins aura-t-on eu la chance et le réconfort de voir une conclusion réussie de la trilogie Marvel.

Auteur :Loïc Gourlet
Tous nos contenus sur "Superman Returns " Toutes les critiques de "Loïc Gourlet"

ça peut vous interesser

Joker : Plaisanterie de courte durée

Rédaction

Joker : Ceci n’est pas un film de super-héros

Rédaction

Le Chardonneret : Une histoire épatante

Rédaction