27 juillet 2021
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Taken 2 : La critique

On peut reprocher tout et son contraire à EuropaCorp, seule production française à s'être taillé un « Hollywood Style », mais on ne pourrait lui reprocher l'adrénaline émergeant de l'explosif "Taken", film d'action réalisé par Pierre Morel dans lequel le toujours très classe Liam Neeson explosait de l'albanais proxénète en plein Paris, parce que ces derniers avaient eu le malheur de kidnapper sa fille. Bis repetita en 2012, succès au box-office oblige.

"Taken" fût une belle claque, un actioner de qualité, si bien que le projet d'un second opus se déroulant deux ans plus tard crevait les yeux ! Conséquence, on prend presque les mêmes et on recommence, cette fois-ci entre Los Angeles et Istanbul, histoire de montrer que le budget est tout autre. C'est Olivier Megaton (réalisateur de "Colombiana", un des autres grands succès de l'année 2011) qui prend le relais avec toujours le même mot d'ordre : fluidité et efficacité.
 
Hélas, le constat est sans appel. "Taken 2" est loin, autant dans son rythme que dans son histoire, de la vista du premier opus. Trop sentimental, que de bavardages inutiles, pour si peu d'action et de cascades, le second opus made in Europa s'avère être une coquille vide qui ne manquait pourtant pas d'idées. Le trio familial est cette fois-ci bien réuni et le scénario offre à Kim (Maggie Grace) l'occasion de mettre à profit l'héritage de son père, qu'un Liam Neeson fatigué (utilisation massive d'armes à feu, c'est tout de suite moins physique) s'évertue à rendre omniprésent malgré tout. Même constat pour Rade Serbedzija (récemment poignant dans "La Petite Venise"), en parrain mafieux qui se retrouve à répéter à qui veut bien l'entendre qu'une seule chose l'obsède : venger la mort de son fils et de ses hommes.
 
"Taken 2" manque clairement d'enjeux et ne se rattrape guère mieux dans une action appauvrie et moins trash. Accusant un rythme en dent de scie, "Taken 2" ne dispose que d'une seule et unique scène de course poursuite survitaminée dans les rues étroites d'Istanbul. "Taken 2" reste contemplatif, comme ces décors que Megaton cadre non pas une, mais deux ou même trois fois. Exit l'adrénaline du premier opus, le spectacle s'avère mineur et sans folie.
 
L'illustration de cette gangrène s'incarne dans les dialogues très conventionnelles, confirmant ici les piètres talents de scénaristes d'un Luc Besson qui ne manque pourtant pas d'ambition. La tête ailleurs, sûrement, le but principal de "Taken 2" étant de remplir des salles obscures avec sur le papier, les mêmes arguments présumés que le premier opus. C'est raté !

Auteur :Christopher Ramoné
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