24 septembre 2019
Critiques

Taken 3 : Critique n° 1

"Taken 3" est arrivé dans les salles françaises, l'occasion de retrouver la recette du film d'action à la française avec la même équipe aux fourneaux. Liam Neeson en tueur implacable, Olivier Megaton en réalisateur énergique et Luc Besson en producteur explosif.

A désormais 62 ans, Liam Neeson ne s'est pas fait prier lorsque le scénario de "Taken 3" est tombé entre ses mains. Il faut dire que l'acteur irlandais doit beaucoup à la franchise qui a démarré il y a sept ans maintenant. Dans ce troisième volet, il ne change pas ses habitudes, à la différence près que, cette fois, Bryan Mills est aussi bien la proie que le chasseur. Il faut bien un peu d'inédit. Dans cette catégorie se trouvera également la présence au casting de Forest Whitaker, dans le rôle de l'inspecteur Dotzler, chargé de traquer le héros dans les rues de L.A. Une bonne surprise tant son personnage amène enfin un second rôle pertinent et le cocktail Neeson-Whitaker apporte une touche d'humour et de second degré bienvenue. Liam Neeson lui-même a déclaré dans la presse qu'il avait su que le film serait bon dès l'instant où Forest Whitaker était de l'aventure. Mieux vaut ne pas contredire le héros de l'histoire.

Pour le reste, cela repose sur les mêmes éléments que lors du précédent opus. Comme d'habitude, "Taken 3" n'est pas avare en cascades, plans rapprochés en pleine action, tôle froissée et gunfight. Luc Besson a mis les moyens et le spectateur a bien droit à la traditionnelle course poursuite sur autoroute sans oublier celles dans les rues de L.A. Du bonus en quelque sorte. Cela semble, en tout cas, avoir beaucoup amusé Olivier Megaton qui propose de multiples plans pour dérouler l'action de son film. Des prises de vues qui au final, durent trois à cinq secondes à l'écran avant de passer à la suivante. Là encore, c'est une habitude dans "Taken", mieux vaut ne pas être épileptique, car l'enchainement des plans aussi rapidement va, peut-être, être la cause d'une crise. C'est dire si le montage qui est donc proposer se veut rythmé, faussement rythmé même, car en plus de rendre l'action parfois difficile à lire tant cela va vite, il est évident que le rythme des plans ne fait pas le rythme d'un film. Ce rôle-là incombe bien souvent au scénario.

Si Liam Neeson semble encore tout à fait capable de se rebiffer contre de méchants russes, ceux-là même qui ont remplacé les méchants libanais du deuxième volet, si Luc Besson ne semble pas manquer d'imagination en termes de cascades et autres gunfight, l'essoufflement de la franchise se fait clairement ressentir au niveau du scénario. Ce dernier semble mis au rang d'accessoire permettant de mettre en valeur les combats du héros. Et le héros en question tient beaucoup à sa famille. Comme la fille a déjà bien dégustée lors des précédents opus, la trame narrative tourne autour de l'ex-femme et de son nouveau mari. Rassurez-vous la fille n'est jamais bien loin. Malgré la volonté d'un petit twist final, c'est un scénario sans surprises qui est proposé, apparaissant comme simple vecteur d'une formule "Taken" qui repose sur un héros, des méchants qui lui veulent du mal, à lui ou à sa famille, et entre les deux des flingues et des bagnoles qui volent.

Pour "Taken" », le dicton « on prend les même et on recommence » lui va comme un gant ou du moins comme un bon gros flingue chargé. Si l'arme parait peut être sur le point de s'enrayer, elle n'en reste pas moins mortelle. Autrement dit, c'est « mortel » et distrayant pour ceux qui aiment tout comme c'est ennuyeux et tout aussi « mortel » pour ceux qui n'adhèrent pas à la formule. Il n'en reste pas moins qu'au bout des 110 minutes de film, une question demeure, pour l'instant, sans réponse : Bryan Mills est-il désormais retraité ? Prêt à s'occuper d'une future petite fille ? Car il pourrait lui arriver malheur à elle aussi dans quelques années… Tout est possible au cinéma.

Auteur :François Bour
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