28 octobre 2021
Critiques

Ted 2 : Retour gagnant

On prend les mêmes et on recommence. Le teddy bear le plus vulgos du grand écran est de retour, pour le bonheur des amateurs, et la migraine violente de ses détracteurs-et dieu seul sait qu'ils sont nombreux. Car "Ted 2", comme son aîné premier du nom est de ces films qu'on adule ou on déteste. Doté d'un humour incisif, corrosif et pas toujours dans la délicatesse (pour ne pas dire jamais), il tient pourtant toutes ses promesses.  Seth MacFarlane a presque inventé un nouveau genre. Un humour trash plein d'irrévérence qui fait trembler les Américains depuis "Les Griffins" jusqu'à "American Dad". Des œuvres qui influencent clairement le personnage de Ted, qui n'a rien à envier à Roger l'extraterrestre de la dernière série citée. Alcoolique, drogué, amateurs de filles de joie, dieu de la procrastination : c'est simple, les deux personnages sont à s'y méprendre cousins germains. Il faut dire que l'ami Seth, pleinement investi dans son projet, assure le doublage de ces deux personnages.

On avait quitté Ted accouplé d'une cagole caissière répondant au doux nom de Tami-Lynn (Jessica Barth) et John (Mark Wahlberg) lui-même en ménage avec une Mila Kunis blasée d'avoir en guise de copain un looser toujours accro à son doudou. Ce nouvel opus débute avec le mariage de Ted et cette phrase sarcastique en voix off : « Oui, un ours peut se marier. Cela prouve à quel point l'Amérique se fout de tout ». Un incipit qui se mangera bien vite une claque dans la figure puisque non, Ted n'a pas tous les droits. Lorsque ce dernier souhaite adopter afin de sauver son couple avec sa blondasse de télé-réalité, celui-ci se voit retirer toutes ses libertés: non il n'est pas un être humain mais une « propriété ». Mariage, emploi : Ted perd tout en quelques minutes, sauf son humour légendaire bien entendu. Alors avec son éternel « pote de tonnerre » John, ils se décident à attaquer le pays protecteur des droits en justice. A leur côté, une avocate débutante pro-marijuana Sam(antha) L. Jackson campée ici par une délicieuse Amanda Seyfried. Exit Mila Kunis, une actrice aux yeux globuleux en faisant place à une autre.

Evidemment, cette recherche d'identité, cette quête de liberté et de reconnaissance n'est qu'un odieux prétexte à une pluie de gags tous plus béotiens les uns que les autres, vous ne m'apprenez rien. Mais force est de constater leur efficacité pour les afficionados du genre. Il ne suffit de s'arrêter aux douches de Mark Wahlberg dans un océan de sperme, présentes même dans la bande-annonce. Les références à la pop culture américaine sont légions, et ce notamment grâce à de vraies marques/ évènements cités et utilisés à bon escient, comme le comic con pour n'en citer qu'un. A ce jeu-là, "Ted 2" s'annonce bien plus efficace qu'un Pixels au plus grand étonnement général.

"Ted 2", plus drôle que le premier ? Un débat qui n'a pas lieu d'être, tant les deux œuvres sont dans la même continuité. Les personnages n'ont pas changé d'un poil (d'ours), n'ont même subis aucune évolution. On les retrouve au même poste professionnel, si ce n'est que John est à présent sur le marché (et ce depuis bien trop longtemps si on en juge son historique digne de "Don Jon"). Même l'un des grands méchants, sans trop en spoiler, est resté le même psychopathe à l'incorrigible carence affective. Pour autant, ce casting marche à merveille et on ne peut qu'apprécier les seconds rôles tels que John Slattery de Mad Men en avocat imperturbable ou Liam Neeson en caméo de choc. Dit en passant, faites-moi plaisir et privilégier la V.O dont le doublage est à mourir de rire plutôt qu'une VF plus que discutable où la voix est de Ted est assurée par… Joey Starr. Ouais, sérieusement.

Alors oui "Ted 2" n'est pas du goût de tous et chacun. Exactement comme le premier volet en fin de compte, dont il pompe tous les ressorts comiques, efficaces ou non. Si vous aimez le genre et l'œuvre de Seth MacFarlane en général, foncez, c'est votre came. Tandis que si vous êtes plutôt du genre Louis de Funès ou Anne Roumanoff, continuez vers la sortie tout droit et surtout ne vous trompez pas de salle. "Ted 2" est de ces films qui ne peut provoquer un effet mitigé, tant c'est l'opium d'un peuple et la pluie acide d'un autre, et ce exactement en même temps.

P-S : Amanda Seyfried, si tu me lis, et je sais que c'est le cas, je trouve tes iris opulents très accommodants et bien loin de ressembler à cette vilaine créature amatrice d'anneau avec qui on a cessé de te comparer. Cordialement.

Auteure :Melissa Chevreuil Tous nos contenus sur "Ted 2" Toutes les critiques de "Melissa Chevreuil"

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