25 octobre 2021
Critiques

Terminator Genisys : Plaisant

Tandis que la France est en alerte canicule, l'outre-Atlantique, elle, semble frappée de plein fouet par un étrange sentiment appelé la nostalgie. Remake à foison de licences plus ou moins couronnées de succès, le triomphe (attendu) de "Jurassic World" en inspire plus d'un. Cette fois-ci c'est la mythique saga "Terminator" qui se colle une petite mise à jour. Suite ? Remake ? Reboot que ce "Terminator Genisys" ? Le Quotidien du Cinéma vous dévoile le fond de sa pensée.

Pas fan de la série n'ayant vu que les deux derniers (les plus mauvais selon mes compères) je suis donc au cœur de la cible de ce nouvel opus. En effet, "Terminator Genisys" reprend l'intrigue des deux premiers volets afin de toucher la nouvelle génération qui, comme moi, a un peu raté le coche. Ce ciblage cause le premier souci : l'aspect pédagogue. Les timelines s'emboitent et se chevauchent, et si j'avoue avoir eu quelques rides sur le front les premières minutes pour comprendre les différentes époques, elles ont fort vite disparues et ce sans chirurgie. Ceci grâce  (ou à cause) des explications à rallonge qui durent facilement la moitié du film soit une bonne heure sur deux. A force de guider le spectateur par la main de peur qu'il ne comprenne, Terminator se fait passer pour le papa poule moralisateur. On veut moins d'explications, plus d'action que diable !

Sur ce point il n'y a pas à sourciller, mon amateurisme fut rassasié. Les scènes d'actions sont dignes de tout blockbuster estival. Cela étant, force est de constater une certaine redondance dans la progression du récit. Pour résumer, les personnages arrivent dans une époque (antérieur ou future), se battent, se sauvent et ce à l'infini. Sauf que, contrairement à d'autres comme l'excellent "Mad Max Fury Road", ici la sauce prend nettement moins bien. Surtout que le happy end ne fait aucun doute et que le coup du compte à rebours ne stress aujourd'hui plus grand monde.

A noter que le film a été clairement pensé et conçu pour être vu en 3D. Si, comme moi, par radinerie, vous préférez sa version standard, vous risquez d'apercevoir des effets très grossiers, une certaine opacité bien qu'elle ne soit pas non plus nuisible. De plus certains effets sonores (les piew-piew des armes me fera toujours rire) ou visuels (Arnold Schwarzenegger jeune semble être fait de pâte à modeler) sont vraiment en dessous des attentes.

Je le rappelle, alors faites-vous violence pour ne pas m'envoyer des menaces de mort par courriel : je ne suis pas « fan » de la série. Pour autant, la problématique sur l'utilisation des nouvelles technologies me touche comme n'importe quel aficionado lambda. J'ai donc trouvé le dessein des principaux protagonistes ici quelque peu désuet voire même très manichéen. John Connor n'est qu'un obstacle. Tuer Genisys, c'est faire en sorte que les gentils gagnent la partie (ou plutôt la bataille, deux suites sont déjà prévues). La victoire du programme ferait que les méchants sortiraient victorieux. Un schéma digne d'un Marvel ou tout autre blockbuster du genre, mais qui semble contraire à ce qui a fait la bonne réputation de la saga.

Enfin, le meilleur pour la fin, du moins ce que tout le monde attend véritablement : ce nouvel opus marque-t-il le retour de Schwarzie ? Réponse mitigée. Clairement l'ancien gouverneur fait le boulot et si son dialecte d'une rigidité à toute épreuve peut parfois lui faire défaut (dans "Maggie" notamment), ici, il prend tout son sens. Ainsi son personnage est devenu une respiration comique à part entière. Bien que le running gag du sourire, déjà présent dans certaines bandes-annonces passe une fois, et encore. Pas quatre ou cinq… Certains diront alors que l'acteur est devenu sa propre caricature. Il me serait difficile de désapprouver…

Emilia Clarke, fraichement auréolée du titre de sex-symbol par je ne sais combien de magazines, déçoit quelque peu. Pas aussi badass que dans son rôle de Daenerys Targaryen, souveraines des dragons dans "Game Of Thrones", elle se fait trop absente au profit de son compagnon de jeu Jai Courtney (qui lui-même ne brille pas par son charisme). Cela étant, recommencer la franchise par une Sarah Connor plus femme et plus fragile peut apporter du sang neuf. Toutefois, il n'est pas sûr que cette héroïne plus angoissée par l'inévitable copulation à l'origine de la résistance que le sauvetage de l'humanité ravisse le public féministe.

James Cameron, créateur de la saga, dit avoir adoré ce nouvel opus. Sans douter de sa bonne foi, difficile de placer ce "Terminator Genisys" comme un nouveau pilier du genre. Sa simplicité rebutera plus d'un fan de la première heure. Cependant, un public plus large, lui, a tout pour être conquis. Car, en dépit des défauts évoqués, le long-métrage reste une œuvre franchement plaisante à regarder. Et dans une salle climatisée, il serait bête de dire non à pareil luxe.

Auteure :Mélissa Chevreuil
Tous nos contenus sur "Terminator Genisys " Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

ça peut vous interesser

Scream : Dans le noir on vous entend crier

Rédaction

Capitaine Sky et le monde de demain : Le Bluray

Rédaction

Sans un bruit 2 : Gagnez vos places !

Rédaction