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Terminator Renaissance : La critique

Coup de polish sur la vieille carrosserie des robots squelettiques, "Terminator Renaissance" est un pari ambitieux : infiltrer cette brèche sur le futur, ouverte en 1984 par le prophète Cameron. Du plus lointain souvenir de gosse qu'il me revienne, la vie difficile et le sort intraitable que réservaient les machines aux êtres humains dans les visions et les récits de Kyle Reese (à l'époque Michael Biehn) m'ont toujours intrigué.

Cette misère, cette lutte vouée à l'échec et le sens du sacrifice qui va avec ont laissé une empreinte de rangers trouée sur ma rétine et dans ma caboche. Inutile de préciser que ce nouveau chapitre ne pouvait qu'attirer les curieux que nous sommes comme un million de magnets sur le premier T-800 venu. Et ça tombe bien ! Puisqu'il est ici question de lever le voile sur la naissance de ce prototype mythique mais aussi sur un panel de prédécesseurs robotiques, qu'ils marchent, volent, nagent, mitraillent ou colonisent. Bienvenue en 2018, nous sommes au lendemain du Jugement Dernier…

Si le troisième épisode de la saga a laissé un grand nombre de fans quelque part entre l'ennui et le rire nerveux, il aura eu le mérite de relancer la machine. Certains lui en sont gré, d'autres se demandent encore pourquoi (surtout sans James) et d'autres encore attendent la prise en main du sujet à bras le corps pour propulser l'histoire dans un tout autre univers, loin de celui crée par le maître – car, petit mémo concernant l'opus numéro 3 : imiter Cameron agace profondément.

Le générique laisse rêveur : un casting original mêlant vieux briscard (Michael Ironside), jeunes premiers (Sam Worthington, Anton Yelchin) et autres seconds couteaux surprenants (Helena Bonham Carter, Bryce Dallas Howard) ; et cerise sur le gâteau, Danny Elfman se cache derrière le score ! A ce propos, calmez tout de suite vos ardeurs : le compositeur attitré de Tim Burton est en réalité trop bien caché ! Il n'a jamais été aussi discret sur une B.O. ! Et la plupart des seconds rôles se contentent de faire bonne figure, sans rien apporter d'excitant.

Non, le plaisir coupable de ce "Terminator Renaissance" est ailleurs. Il se trouve dans la direction de la photographie, où les tons désaturés font voir le monde en gris. Dans l'accumulation de plans précis et esthétiques. Dans le visage de cette guerre dont on a souvent entendu parler sans jamais en voir assez. Et dans ce que l'on reproche le plus à cet épisode : l'accumulation de scènes de cascades, d'explosions et autres courses-poursuite.

Alors oui, le film fait débat et pour plusieurs raisons que l'on peut aisément comprendre. D'abord, pour tous ceux qui n'ont pas encore fait le deuil de James Cameron : n'espérez pas vous serez déçus. Nous sommes ailleurs et c'est tant mieux (voir mémo sur l'opus numéro 3). Ensuite, il faut bien avouer que le scénario n'est pas à la hauteur des tenants et des aboutissants mis en place dans les films originaux.

La dureté du quotidien et l'esprit de révolte qui peut animer les humains, la prise de conscience du destin inexorable et la difficulté de faire des choix en conséquence, tous ces éléments sont survolés et rangés dans un placard poussiéreux étiqueté : « ellipses ». De même, certaines pistes et autres bonnes idées, telles que la capture d'hommes par les machines pour créer les futurs T-800, sont sous-exploitées : à quoi servent réellement ces troupeaux humains et surtout comment sont-ils utilisés ? Quel sort leur est réservé ?

L'histoire du personnage interprété par Sam Worthington, bien plus attachante que celle d'un John Connor monolithique et mono-facial (deux pléonasmes quand on parle de Christian Bale), ajoute cette fraîcheur et cette prise de distance nécessaire pour faire avancer la saga là où on ne l'attend pas. Le problème reste que l'on ne va pas encore assez loin. Et si la fin est attendue (ridicule pour certains), elle aura eu le mérite de dresser le portrait d'un nouveau personnage. Malgré la nouvelle voie empruntée, les clins d'œil aux anciens épisodes sont légion. Quittes à paraître gratuits et inutiles par moment (ou comment placer le célèbre « I'll be back ! » sans Schwarzy…), ils se prennent comme des marques de respects appréciables. Avec une surprise réussie pour le combat final…

Plus fort par ces nouveautés que par sa filiation avec la saga mythique, "Terminator Renaissance" prépare le terrain en attendant la suite pendant que les fans croisent les doigts pour une plus grande maîtrise du sujet.

Auteur :Davy Girard
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