12 juillet 2020
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Terminator Renaissance : La critique du film

"Terminator Renaissance" (distribué par Sony), voilà un film qui porte bien son nom. Après un troisième opus qui se contentait d'imiter le grand maitre Cameron, et dont le seul intérêt était la dernière image du film annonçant le début de la guerre avec les machines, voilà que les studios décident de remettre ça, six ans plus tard, et d'opérer une réelle renaissance pour la franchise. On oublie presque tout du troisième opus qui avait laissé plus d'une personne perplexe et on relance la série avec un tout nouveau modèle de scénario. Dorénavant l'histoire de la menace qui vient du futur pour éliminer John Connor est oubliée tout simplement car on y est dans ce futur. Pouvoir enfin voir ce futur chaotique décrit par Cameron dans le premier épisode de la saga c'est un peu le même effet que de voir maitre Yoda enfin se battre au sabre laser dans "Star Wars" : un fantasme de cinéphile qui se réalise.

C'est sans aucun doute cela l'intérêt principal du film et le réalisateur McG montre une certaine aisance avec les effets spéciaux créant ainsi un univers cohérent permettant à ce futur-destroy de prendre forme. Il faut dire qu'avant d'être un artiste McG est surtout un technicien ce qui fait de "Terminator Renaissance" un étalage d'effet spéciaux générant ainsi le spectacle explosif et divertissant que l'on pouvait attendre de ce blockbuster. En effet, le film qui est un divertissement de très haute qualité, n'est rien d'autre qu'un blockbuster estival et on est bien loin de la réflexion que James Cameron a pu apporter dans les deux premiers opus. Toutefois, alors que "Terminator 3" se contentait de recréer le même scénario que le second opus, ici l'histoire proposée par les scénaristes permet l'installation d'une nouvelle action qui, tout en se référant aux anciens films, arrive à s'en détacher pour se développer de façon indépendante.

"Terminator Renaissance" est donc le film parfait pour annoncer une nouvelle saga. Sans être trop ambitieux et trop gourmand il parvient à installer une mythologie et des personnages sur une base suffisamment solide pour que puisse se construire dessus une nouvelle trilogie. Le film semble souvent servir uniquement à présenter les personnages mais ne s'attarde pas trop à leur sujet et fait relègue les personnages secondaires presque au statut de figurant. On espère, toutefois, que de nouveaux épisodes viendront étoffer tout cela comme, par exemple, la relation entre John Connor et son père plus jeune que lui Kyle Reese.

L'introduction du nouveau personnage de Marcus Wright interprété par un Sam Worthington qui signe la meilleure prestation du film, est judicieuse et permet de créer une intrigue toute nouvelle dans l'univers de Terminator qui est de savoir définir la limite entre ce qui est une machine et ce qui est humain. Christian Bale reste, quant à lui, dans son registre en faisant preuve d'une impassibilité défiant toute épreuve, mais le monsieur a de la gueule et il en impose vraiment à l'écran. 

"Terminator Renaissance" souffre tout de même d'un montage charcuté suite aux nouvelles orientations des studios qui, après l'échec commercial de "Watchmen", ont décidé de ne plus produire de blockbuster de plus de deux heures, mais également que ceux ci ne devraient pas passer au dessus de la classification PG-13 (interdit au moins de 13 ans). McG a donc dû revoir son montage et retirer de nombreux scènes qui auraient pu expliquer de nombreuses choses restant floues dans le film. Ce nouveau Terminator se trouve être également le plus gentil de la série. Pas une goute de sang visible à l'écran. Bien que Terminator ne soit pas Rambo, il est légitime de s'attendre à un peu d'action sanguinolente. Il ne nous reste donc plus qu'à être patient et attendre la sortie en DVD pour profiter d'un director's cut.

Finalement, "Terminator Renaissance" représente tout ce que l'on peut attendre de ce type de production et arrive à refaire vivre un mythe ainsi qu' à relancer la machine après un épisode trois un peu manqué. McG donne au spectateur ce qu'il veut voir et nous offre même l'apparition du gouvernator en version numérique dans son film qui ressemble plus à un clin d'œil ou à une private joke à défaut d'être nécessaire à l'histoire. Ce film, bien que loin d'être un chef d'œuvre, est la preuve que l'on peut faire confiance à McG pour continuer l'aventure et aller encore plus loin dans cette histoire qui, il faut le dire, fait partie intégrante de notre pop-culture.

Auteur :Florent Capoen
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