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The American : Séjour mortel

Ah, le beau George, on l'adore. Que ce soit dans une série à succès, dans des films d'auteur, des films de potes, de derrière ou devant la caméra, même dans une pub caféinée, il continue à nous plaire, et bien entendu, à cartonner. Où son succès s'arrêtera-t-il ? Probablement dans un petit village d'Italie où "The American" prend place. Et oui, George sait tout faire, même des faux-pas.

Si on fait abstraction de la scène d'introduction démontrant toute la froideur dont l'assassin professionnel peut faire preuve afin de se protéger, "The American" est un monument d'avarice en termes d'originalité comme de rebondissements.

Considérant la focalisation intégrale sur son personnage principal – un tueur à gages-, tous les espoirs se portent alors rapidement sur la performance de George Clooney pour donner un semblant de vie au récit que le réalisateur Anton Corbin enfonce de minute en minute dans une profonde léthargie.

Or, en étant déshumanisé au possible durant les ¾ du film, Jack/Mr Butterfly est le portrait type du tueur sans états-d 'âme, adepte du mutisme, et limite antipathique. Poursuivi par de mystérieux suédois, puis écopant d'un douteux contrat de dernière minute via son « boss » (Johan Leysen), c'est au beau milieu de la campagne vallonnée italienne qu'il atterri, et rencontre la belle Clara (Violante Placido).

Pas besoin d'en révéler davantage, l'histoire étant suffisamment prévisible pour gâcher les maigres plaisirs du film : il faudra se contenter de peu. Si ce « peu » n'était pas parasité d'inutiles dialogues, de scènes contemplatives, et d'interminables gros plans sur le faciès inexpressif de George Clooney, le film aurait éventuellement pu trouver un quelconque intérêt en dehors d'une atmosphère plombante.

Au lieu de cela, il faudra trop souvent se contenter de longs plans creux, comme autant de détails échangés Jack et son contact à propos des réglages de fusil (ce qui ne ravira que les amateurs), de brefs échanges romantiques entre Jack et Clara(certes le charme de Violante Placido mérite qu'on s'y attarde), et de personnages secondaires filmés avec autant d'égard que du papier-peint.

Dire que l'on attendait autre chose du réalisateur de l'envoutant "Control" est encore loin de la vérité, tant la patte d'Anton Corbijn (réalisateur de clips de U2, Metallica…) semble invisible.

Sans saveur, rarement convaincant en terme de mise en scène comme de performance d'acteurs, "The American" n'a de mérite que par son aspect dépaysant, aspect dissimulant à peine la banalité de l'histoire que le charme même de l'Italie (ainsi que celui de Mlle Placido) ne peut compenser.

Auteur :Julien Leconte
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