14 octobre 2019
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The Dark Knight Rises : Renversant !

Comment faire ? Comment faire lorsqu'on a réalisé l'un des plus grands films de super-héros de l'Histoire du cinéma pour faire encore mieux, encore plus fort ? Comment parvenir à relier tous les éléments mis en place au cœur d'une narration touffue et réussir à faire en sorte que chaque question trouve sa réponse, que chaque détail s'imbrique l'un dans l'autre pour au final ne former plus qu'un ?

Un ensemble parfaitement homogène, qui s'inscrit aussi bien dans la tradition du grand film populaire que dans le cinéma d'auteur dans toute sa splendeur !

Christopher Nolan tente de relever le pari, sept ans après "Batman Begins" et quatre ans après "The Dark Knight" et il livre avec "The Dark Knight Rises", une conclusion brillante à sa trilogie du chevalier noir, un film épique de 2h45 qui, s'il n'est pas exempt de quelques défauts, se révèle être un très grand moment de cinéma comme on n'en vit pas si souvent.
 
Comme dans les épisodes précédents, Christopher Nolan étend au scénario tout un sous-texte socio-politique qui éclaire d'autres perspectives tous les enjeux dramatiques élaborés.

Gotham City est une ville constamment au bord du chaos , qui s'apprête à sombrer dans l'anarchie, et Batman, qui est en sommeil depuis huit ans est attendu comme le messie. Mais un messie qui est en retrait pendant un bon tiers du film, ce qui ne manque pas de faire monter l'attente du spectateur.

Car Nolan est doué, il sait jouer avec le désir du public et outre le personnage de Bruce Wayne qui l'intéresse clairement plus que le justicier masqué et dont le film raconte le retour à la vie, c'est encore une fois le bad guy qui passionne le metteur en scène.

Et quel bad guy : Bane, à l'instar de Ras Al Ghul ou du Joker, est le parfait exemple du méchant qui transcende la grosse machine hollywoodienne et la place au rang de film d'auteur. Une exigence d'écriture qui se perpétue dans les trois films.

Bane est l'incarnation même du mercenaire, du terroriste, un mastodonte physique qui sait manipuler les foules et provoquer les révolutions de palais aussi bien que les soulèvements des peuples par les peurs qu'il suscite.

Véritable écho à l'actualité mondiale contemporaine, caisse de résonance d'une paranoïa constamment sous-jacente, la ville qui vacille sur ses fondations est la symbolique que Nolan transpose dans le monde de Gotham.
 
Si toute la portée socio-politique instillée dans l'écriture est l'une des caractéristiques du travail du metteur en scène, au-delà de ces considérations, "The Dark Knight Rises" est un film purement jouissif, tant au niveau des images avec lesquelles Nolan parvient à flatter nos pupilles mais aussi bien sûr par la grâce des interprètes qui nous offrent des compositions de haut vol.

De la surprise Anne Hathaway qui campe une Catwoman de rêve, sexy et féline, véritable action woman, forte et indépendante à un Joseph Gordon-Levitt étonnant dans un rôle pivot essentiel qu'il illumine, en passant par les personnages de Michael Caine, Morgan Freeman ou Gary Oldman à la richesse folle et dont l'évolution sur la gamme des sentiments est absolument fascinante, à Christian Bale, fidèle à lui-même et bien sûr Tom Hardy, impressionnant (même si le voir évoluer sans son masque eut été d'un autre acabit pour savourer encore davantage sa performance).

Le personnage interprété par Marion Cotillard est sans doute celui qui souffre le plus dans ce ballet choral, moins bien exploité que tous les autres, et qui en vient à sombrer, seule fausse note discordante d'un ensemble majestueux. "The Dark Knight Rises" n'est pas parfait bien sûr mais il s'inscrit dans une merveilleuse continuité, distillant ses twist à foison avec application et une déconcertante facilité.
 
"The Dark Knight Rises" est bien entendu un film à part entière mais c'est comme troisième épisode d'une série mythique qu'il s'inscrira dans l'Histoire du cinéma. Pourtant "The Dark Knight Rises" n'est pas une suite mais c'est une fin, la fin des aventures de Batman par Nolan. Et même si ce troisième opus est ampoulé de quelques longueurs, il n'en est pas moins une digne conclusion.

C'est un opéra funèbre qui est loin de déparer la saga. Mises bout à bout, ces presque neuf heures de cinéma forment un ensemble absolument incroyable, d'une cohérence, d'une noirceur et d'un désenchantement implacables, qui placent d'emblée les aventures du Chevalier noir dans le haut du panier des trilogies les plus marquantes qu'on ait pu voir.
 
Un seul et même film sublime et renversant. A n'en pas douter, du très grand art !

Auteur :Fred Teper
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