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The Dictator : Critique

Le roi de la provoque serait-il un agitateur de pacotille ? "The Dictator", un divertissement de premier rang qui s'assagit au fil de sa filmographie ? Il faut dire que Sacha Baron Cohen avait mis la barre très haute. Le comédien brillait dans son "Da Ali G Show" où il campait un rappeur de seconde zone s'amusant à ridiculiser ses invités.

Le passage de l'émission au long-métrage n'avait pas convaincu tout le monde. "Ali G" était une fiction pure et dure, format que le comédien va délaisser au profit du faux-documentaire. Baron Cohen retrouvait la fougue de ses débuts dans le brillant "Borat" déjà réalisé par Larry Charles, où il incarne un journaliste kazakh raciste, homophobe et pour le moins obsédé, en reportage aux États-Unis. Le grand public l'acclame, la critique l'encense. Assez justement d'ailleurs...

Du coup, le bonhomme remet le couvert dans un sujet totalement différent : la mode. C'est avec "Brüno" que le duo confirme. Sacha Baron Cohen y incarne une fashion victim rejetée. La force du comédien réside dans la combinaison entre réalisme du propos critique et sens aiguisé du gag à la limite du politiquement incorrect. Cela peut se traduire de différentes manières : crade, scandaleux, discriminatoire. Le style est imprimé dans les esprits. Sacha Baron Cohen est, à chaque fois, très attendu.

Pour "The Dictator", l'excentrique Sacha Baron Cohen illustre un sujet casse-gueule et très actuel. Inspiré du roman de Saddam Hussein Zabibah et le Roi, "The Dictator", outre le clin d'œil au titre fameux du chef-d'oeuvre de Charlie Chaplin datant de 1941 ("Le Dictateur") parodie de nombreux chefs d'Etat autoritaires, de Mouammar Kadhafi à Kim Jong-Il dont Aladeen est un fervent supporter. Excitant sur le papier n'est-ce pas ?

Mais, en retrouvant le format fictionnel, l'humour trash et piquant de Sacha Baron Cohen perd de sa force. Le jeu d'acteur est plus moyen. La place à l'improvisation vacante. La raison ? La présence d 'un vrai scénario comme ligne de conduite. Or, c'est ce dernier qui pose problème. En effet, si "The Dictator" amuse la galerie sur les 45 premières minutes, l'intrigue s'essouffle. Elle perd son esprit cynique et tombe presque trop facilement dans la tendresse malgré quelques petites piques bien senties.

On est hilare lorsque le dictateur se retrouve avec sa compagne du jour (la pseudo actrice Anna Faris, une habituée des parodies) à devoir aider une femme enceinte à mettre au monde sa progéniture. Lorsqu'Aladeen introduit sa main dans un orifice, la femme lui indique en hurlant qu'il est dans le mauvais trou. Ce à quoi répond le concerné : « Si j 'avais gagné un dollar à chaque fois que je l'ai entendu celle-là ». Cela se passe de commentaire.

Le plus regrettable dans cette histoire, c 'est de voir arriver en fanfare, avec force traits, l'aspect romantique du film qui va unir Aladeen et une gérante d'un magasin bio accueillant le dictateur déchu. Autant Sacha Baron Cohen peut être jouissif dans des scènes osées, comme lorsque dans un hélico, il fait flipper deux touristes américains et se moque ouvertement du 11 septembre (c'est la première qu'on en rigole aussi bien au cinéma), autant il peut être ennuyeux avec des répliques tombant à plat.

Bref, Sacha Baron Cohen a mis de l'eau dans son vin, offrant à son script bien moins d 'intérêt. Il a eu tort. "The Dictator" ne propose guère plus de surprises que prévu. Force est de constater que l'aspect convaincant résidait plus dans le buzz et l'impressionnante campagne promotionnelle effectuée autour du long métrage que dans ce dernier. Aux dernières nouvelles, on juge encore un film à sa qualité et non ses pouvoirs commerciaux et l'efficacité de son service promo. Mais ça aussi, Aladeen s 'en moque et c 'est bien pour cela qu'il est le Suprême Leader.

Auteur :Christopher RamonéTous nos contenus sur "The Dictator " Toutes les critiques de "Christopher Ramoné"

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