6 décembre 2021
Critiques

The French Dispatch : La poésie du journalisme

Par Fantine Descard


"The French Dispatch" est un film sur un journal.
A travers la lecture des derniers articles qui lui sont parvenus, Arthur Howitzer Jr., le rédacteur en chef de la revue, nous emmène à la découverte de quatre histoires. Ces dernières sont classées dans quatre rubriques : « Couleur locale », « Arts et artistes », « Politique / poésie » et « Goûts et odeurs ».
 

Au XXème siècle, à Ennui-sur-Blasé, petite ville française, les ruelles grouillent d'enfants grognons, d'adolescents révoltés, de parents consternés et de vieux assis sur des bancs, lisant parfois le dernier numéro du French Dispatch, journal américain ayant une antenne dans la ville.

Récit 1 : Couleur locale

Pour "The French Dispatch", son dixième film, Wes Anderson réinvente les murs de la ville d'Angoulême. En effet, ce sont ses murs anciens et son architecture de « vieille ville » qu'elle a préservés qui ont fait d'elle le décor parfait. On retrouve ainsi dans les images du film les ruelles, les passages et les nombreux virages et escaliers de la commune charentaise. Toutefois, le vrai décor qu'on a le plaisir de retrouver c'est le monde de Wes Anderson. L'originalité de sa réalisation par exemple. Sûrement une des plus stylisée du cinéma moderne. Elle ne manque pas ici à l'appel. Elle devient même, comme à son habitude, un personnage à part entière. 

La symétrie habituelle du réalisateur se serre à merveille de l'architecture de la ville comme base de travail. Les bâtiments à étages et les rues pavées deviennent des lignes directrices. Ces dernières dessinent la vision du réalisateur sur les écrans de nos cinémas. Aussi, Wes Anderson amène plusieurs textures à son film en mélangeant images réelles aux couleurs du passé et dessin, rappelant les illustrations du French Dispatch.  La symétrie, la colorisation ou encore les dessins font de "The French Dispatch" une toile dont il est difficile de se lasser. 

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Bill Murray - Copyright The Walt Disney Company France
Récit 2 : Arts et artistes

Comme le French Dispatch lui-même, la distribution du film se distingue par sa multi-nationalité. Dans "The French Dispatch", on retrouve des acteurs et actrices français(es) tels Mathieu Amalric, Léa Seydoux, Guillaume Gallienne, Lyna Khoudri ou encore Cécile de France. Côté anglophone, ce sont Tilda Swinton, Adrien Brody, Timothée Chalamet, Bill Murray, Saoirse Ronan, puis Frances McDormand qui représentent les États-Unis, pays originel du journal.

Cadencé par quatre récits distincts, le film justifie sa densité en personnages. Il peut être complexe de comprendre le début du film, sa direction. Pourtant, après le premier récit, on se laisse prendre par la main et on sort d'une scène pour en découvrir une autre avec aisance. Il est souvent difficile de délaisser les personnes que nous rencontrons lorsque l'on passe au récit suivant. Leur théâtralité et leur caractère parfois loufoque nous emplissent de compassion et d'intérêt le temps d'un texte, de quelques pages tournées.

Cependant, ce sont peut-être aussi les sujets dont ils traitent qui les rendent si attachants et qui nous inspirent. Chacun d'entre eux apparaît passionné, que ce soit par la peinture, la littérature, ou encore la cuisine. Quand des artistes se penchent sur la question de l'art il est difficile de ne pas être pendu à chaque mot ou idée qui sortent de leurs cerveaux. A la sortie de la salle, le sentiment le plus considérable est sûrement l'inspiration, l'envie d'essayer la peinture, d'écrire. A propos de quoi ? On ne sait pas, mais l'on veut être artiste.

Récit 3 : Politique / poésie

Dans "The French Dispatch", le sujet le plus important est sans doute le journalisme. Wes Anderson présente une version de ce dernier sous une lumière dorée. Le journalisme comme littérature, comme témoignage de la vie et de ce qu'elle contient, comme histoire que l'on raconterait autour d'un verre en début de soirée. On a affaire à un journalisme presque romancé, une écriture qui nous donne l'impression de regarder un film, 

Cette image du métier est aussi mise en lumière par la poésie constante qui l'entoure. On a d'abord une poésie nostalgique, qui dépeint une France esthétiquement idéale, pleine de clichés que l'on affectionne, Puis, comme il est question d'art, il est logique qu'une certaine vision poétique se développe. Il y a toujours une certaine atmosphère autour de l'art, dont il est difficile de faire abstraction. Enfin, on a la poésie de Wes Anderson. Cette poésie si personnelle qui se traduit par des histoires parfois difficiles à envisager ou par des plans sortis de la réalité. Son art poétique repose sur des imaginations que l'ont souhaiterait savoir indubitables.

Récit 4 : Goûts et odeurs (note de fin)

Wes Anderson, dans son nouveau film, mêle cultures et langages, couleur et obscurité, poésie et journalisme. Il nous inspire et nous guide vers une quête artistique avec ce film au goût d'encre et à l'odeur de papier. Présenté au dernier Festival de Cannes, il est un film immanquable désormais.

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