30 juillet 2021
Critiques

The Grand Budapest Hotel : Retour en enfance

"The Grand Budapest Hotel"" (distribué par Fox France) est la première petite pépite de ce début d'année. Wes Anderson signe ici une belle performance qui a été saluée par un Grand prix du jury de la Berlinale (sélection officielle et film d'ouverture). Pour se faire, le réalisateur américain a fait appel à un casting très fleuri : Ralph Fiennes, Tony Relvolori, F, Murray Abraham, Saoirse Ronan, Jeff Goldblum, Jude Law, etc.

"The Grand Budapest Hotel" nous amène en Zubrowka pour y vivre les aventures de M..Zero Mustapha et M.Gustave, durant l'entre-deux-guerres. Ces deux personnages se retrouvent mêlés à un vol d'un tableau, le tout saupoudré par un conflit d'héritage. M.Zéro, jeune exilé, va se donner corps et âme dans ses nouvelles responsabilités de lobby boy. Dès le début, cette figure attire la sympathie, avec son regard enfantin et son aire candide, à l'image du Grand Budapest Hotel. Au fur et à mesure, il va prendre l'assurance au contact de M.Gustave et connaitre l'amour auprès d'Agatha, une jeune pâtissière, toujours sous le regard bien veillant de son de maitre. À l'opposée, M.Gustave, froid, inamical et caustique au premier abord. Puis, on va le découvrir jovial, philanthrope et attachant, ce qui va l'humaniser et l'aider dans certaines situations. Les aventures de ces deux acolytes vont nous amener dans des endroits loufoques par des chemins burlesques, tout cela agrémenté par une musique énergique et des couleurs vives. Tous ce qui fait le charme des films de Wes Anderson.

Dans "The Grand Budapest Hotel", on observe un contraste entre le monde de l'enfance, avec des couleurs très gaies, une musique enfantine, des personnages et des situations assez cocasses, et un monde assez rude avec la question de la mort qui est ici tournée au ridicule, ainsi que les débuts de la guerre et de l'occupation. Toutefois, tout cela est rapidement estompé par la bonne humeur des personnages principaux qui gardent un esprit d'enfant tout au long de l'intrigue.

Par ailleurs on voit dans le film que les deux personnages sont en perpétuel mouvement et que les méchants sont les personnes qui tentent de les arrêter. Le seul moment où ils s'arrêtent c'est lorsqu'ils sont à l'article de la mort. Cette sensation de mouvement est procurée par des changements de plan assez rapides (lors des appels entre les réceptionnistes de plusieurs hôtels et des scènes de poursuites). On retrouve aussi dans "The Grand Budapest Hotel" le souci de la symétrie de Wes Anderson, symétrie soutenue par l'emploi d'un format 4/3 pour les flash-backs.

Le réalisateur accouche donc d'un chef d'œuvre. Anderson nous fait voyager dans un monde féérique avec beaucoup d'humour, de magie et de couleurs. Cette comédie-dramatique nous fait finalement retomber en enfance.

Auteur : Younes Touil

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