22 septembre 2020
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The Jacket : Retour vers le présent

Voyager dans le temps est-ce possible ? L'homme en rêve. Imaginez, vous pourriez empêcher les tragiques événements de l'Histoire, voir comment les dinosaures sont morts, rencontrer des héros aujourd'hui disparus. Et surtout gagner au loto ! Capitalisant sur ce désir universel, le cinéma nous a servi des louches de voyages dans le temps, que ce soit la trilogie Retour vers le futur ou les adaptations de La machine à Remonter Le Temps de HG Wells.

Quoi de neuf dans "The Jacket" ? Encore un film sur un homme qui tente de changer le cours du temps ? Oui et non. Oui car le point de départ est le suivant. Jack (Adrien Brody, Le Pianiste de Polanski) combat en Irak lors de la première guerre du Golfe. Une balle vient le frapper en pleine tête. Sorti de l'hôpital militaire, il est malheureusement mêlé à un crime. Soupçonné d'en être l'auteur, il est finalement blanchi car jugé mentalement irresponsable. Il est pourtant interné dans un centre psychiatrique.

Le dur traitement qu'il doit subir va lui permettre de voyager dans le temps et de comprendre ce qui est arrivé le jour du crime. Amnésie, expérience scientifique, ambiance glauque à souhait et questions traditionnelles du genre (peut-on changer le futur sans toucher au présent ? que se passe-t-il lorsqu'on rencontre des proches dans l'avenir ?). Voici les ingrédients de base de "The Jacket". Une recette connue et répétée.

Oui également car le montage et la réalisation évoquent lourdement le "Requiem For A Dream" d'Aronofsky, summum de ce que l'on pourrait appeler le « ciné-clip ». C'est-à-dire succession de plans très courts et d'images choc, abus de filtres de couleurs, photographie extrêmement travaillée. "The Jacket", c'est un peu tout cela. La faute à la personnalité du réalisateur, John Maybury, aux commandes de son premier film hollywoodien après des copinages dans le milieu indépendant britannique. L'homme a traversé l'Atlantique grâce à un piston non négligeable : celui de George Clooney et Steven Soderbergh par l'intermédiaire de leur maison de production, Section Eight.

Passons maintenant aux choses sérieuses. Pourquoi "The Jacket" mérite-t-il le déplacement ? Tout d'abord parce que, fort heureusement, cette détestable branchitude, apportée au cinéma par les réalisateurs de clips, n'emprisonne pas totalement le film. Petit à petit, le réalisme l'emporte sur la science-fiction et s'installe une tension propre aux films de procès. Je m'explique. Dans les films de procès, une injustice frappe le héros. Ensuite pendant plus d'une heure, l'accusé va devoir prouver son innocence pour triompher de la vile justice. "The Jacket" plaque ce schéma sur l'idée d'un voyage dans le temps. C'est la force et l'originalité de ce film réussi.

Même si "The Jacket" n'est pas un chef d'œuvre, il vaut bien mieux que L'Effet Papillon dans le registre. Car point de message moralisateur, point de violence inutile et point de redites qui finissent par virer au burlesque. En touchant une belle simplicité dans les derniers instants, le film de John Maybury est une belle œuvre sur un sujet usé jusqu'à la corde. On remonterait bien le temps pour admirer encore quelques-unes des plus belles scènes.
Auteur :Matthieu Deprieck
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