Critiques

The King’s Man Première Mission : God save the suit

Par François Bour


Après de multiples reports, "The King's Man : Première Mission" est enfin arrivé en salles. Une aventure qui plonge le spectateur aux origines des "gentlemen" en costumes. Matthew Vaughn, réalisateur et scénariste, instrumentalise l'Histoire pour une épopée riche en action, accompagnée d'une tasse de thé.

Il aura donc fallu attendre presque cinq années pour voir à nouveau les hommes de King's Man en action. Après "Kingsman : Services secrets", en 2015" puis sa suite "Kingsman : Le Cercle d'or" en 2017, place au préquel. "The King's Man : Première Mission", comme le suggère son titre français, s'intéresse à la naissance de cette agence de renseignement anglaise particulière indépendante de politiques. Exit Taron Egerton et Colin Firth, place à un tout nouveau casting et un tout autre contexte : la Première Guerre mondiale.


M enfile le costume de 007 ?

Le réalisateur et scénariste Matthew Vaughn a fait le choix d'inscrire son film dans la grande Histoire. Sur ce point, il faut reconnaitre une certaine facilité. Choisir des évènements connus de tous ou presque avec la présence de plusieurs personnages clés permet de mettre le spectateur dans une histoire facile à comprendre. Pour ceux qui ont eu du mal avec les cours d'Histoire, Matthew Vaughn se permet de prendre le spectateur par la main. Facile donc, mais cela permet de se focaliser sur les personnages liés à la future agence. Cela autorise, notamment, à donner toute la place au Duc d'Oxford, le créateur de King's Man. Un aristocrate anglais avec une réputation de pacifiste. Un père qui veut protéger son fils. Un homme de retenue contraint à l'action.

A l'heure où le successeur de Daniel Craig fait l'objet de folles rumeur, Ralph Fiennes joue, dans "The King's Man : Première Mission", le rôle d'un agent de terrain. M a quitte le bureau, enfile un costume mais pas celui de 007. Celui de The King's Man. Alors il est évident que l'acteur de 59 ans ne réalise pas ses cascades lui-même, mais il donne clairement de sa personne. En d'autres termes, il a la prestance, la crédibilité et le charisme requis par son personnage. Ralph Fiennes met à l'amende Taron Egerton et Colin Firth. Il incarne aussi le ton plus sérieux donné à ce préquel par rapport aux deux films précédents.

Le contexte historique participe d'ailleurs à cela aussi. Même si certains personnages de cette Histoire sont quelque peu caricaturés. Il n'empêche que  Ralph Fiennes prend presque toute la lumière même si le casting compte la discrète Gemma Arterton et le solide Djimon Hounsou. Acteur habitué au second rôle mais avec ici une belle présence à l'écran.

Une quête de style appréciable 

"The King's Man : Première Mission" prend un virage légèrement différent de ses prédécesseurs. L'humour "so british" ne fait pas partie des origines. La dramaturgie est plus appropriée. De par le contexte historique choisit comme évoqué précédemment, par la trajectoire des personnages également. Cette-fois, la fantaisie ne se trouve pas dans le scénario et assez peu dans les personnages eux même. A l'exception peut être de Grigori Raspoutine, le religieux qui influence le Tsar de Russie. Un homme incarné par Rhys Ifans avec un talent certain. Un personnage au cœur de la meilleure scène de combat du film. L'illustration parfaite de la recherche de style de Matthew Vaughn.

Le réalisateur propose donc un Raspoutine extravagant et sachant se battre. Un vrai danseur combattant. Pour une scène de combat dynamique, originale et bien chorégraphiée. Cela démontre que "The King's Man : Première Mission" veut être un film d'action avec une valeur ajoutée à la réalisation. A l'image d'un travelling sur des soldats britannique lançant l'assaut sur le front, à l'exemple de ces caméras fixées sur les montures des épées. Bien que cette quête d'originalité ne soit pas toujours à bon escient, elle s'avère remplir son rôle, apporter un petit plus dans les scènes d'action.

"The King's Man : Première Mission" est un film d'action. En cela, il remplit sa mission. L'aventure est mouvementée, son contexte historique la rend lisible. D'ailleurs, ce préquel à l'énorme avantage de pouvoir s'adresser aux connaisseurs de The King's Man comme aux nouveaux venus. C'est aussi et surtout un long-métrage qui permet de montrer une autre version d'un agent britannique en costume, tout aussi crédible grâce à Ralph Fiennes. Alors qu'il semble qu'une suite à ce prequel soit prévue, il faut reconnaitre que si cela continue comme ça, James Bond ne sera plus la seule saga d'action où il y a des sujets de sa majesté qui savent se battre en costume. Et être à l'heure pour le thé. Of course !

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