22 septembre 2019
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The Lady : La critique

Luc Besson, en désirant signer un biopic sur cette héroïne moderne de la démocratie, réalise avant tout un film romanesque entre un homme et une femme d'exceptions, inversant malgré lui le propos premier de son film.

Et si "The Lady" était finalement la mise en lumière d'un mari fou amoureux, restait trop longtemps cachée dans l'ombre de l'aura d'Aung San Suu Kyi ? Et si le combattant c'était lui ? Un combat pour la liberté de sa femme, assurer l'équilibre familial et affectif puis enfin, hélas, contre le cancer qui l'emportera.

Avec "The Lady", Luc Besson renoue donc, après la combattante "Jeanne D'Arc", avec une grande héroïne historique : Aung San Suu Kyi une figure de lutte de la démocratie birmane. Ainsi Luc Besson, comme sa Jeanne, se sent sincèrement investi d'une mission. Celle d'exposer au monde entier le parcourt politique et personnel de Aung San Suu Kyi. L'art aussi peut-être une arme de démocratie massive se persuade Besson.
 
Ainsi se déroule devant nos yeux, Aung San Suu Kyi, l'orchidée au chignon : qui fait un discours, debout au portail de sa maison, passant au travers d'une rangée de soldats armés, tandis que le peuple birman dévore attentivement les écrits de Gandhi. On baignerait presque dans le peace and love gentillet.

À l'initiative de ce projet, Michelle Yeoh incarne la femme politique birmane avec une belle aisance. Mais, "The Lady" pourrait être une illustration du « Aung San Suu Kyi pour les nuls » il est certes nécessaire et instructif, fidèle à la réalité, mais finit par être lassant.

En effet, le film est constamment rythmé par les retrouvailles entre Aung San Suu Kyi et son mari Michael Aris. Mais également entre la grisaille londonienne et la lumière de la Birmanie, une mise en opposition de lieux et de deux batailles différentes pour atteindre le même but : la libération de « Suu » comme le prononce très joliment l'acteur David Thewlis.
 
Finalement l'émotion de "The Lady" transparaît à l'écran grâce au personnage de Michael Aris. Un homme qui accepte les ambitions de sa femme, sans problème d'ego, la protège, et consacre son temps à trouver une solution pour sa libération.

Tout au long de cette fresque, on espère secrètement que Aung San Suu Kyi rentrera enfin dans son home sweet home auprès des siens, tant on désire voir réuni ces deux êtres.

Avec "The Lady", Luc Besson trace, presque ironiquement, le magnifique portrait d'un homme amoureux.
 
Auteure :Claire Bara

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