5 décembre 2020
Critiques

The Lunchbox : Belle romance

Par Joris Naessens



Dégusté au Arras Film Festival, "The Lunchbox" est un régal pour les yeux et les papilles. Le cinéaste Ritesh Batra nous sert un premier film agrémenté d'une belle distribution et histoire. Il nous fait découvrir un Bombay entre modernité et tradition tout en y incorporant une romance qui part d'une erreur.

En 1913, "Raja Harischandra" de Dadasaneb Phalke est le premier film de fiction indien. 100 ans plus tard, ce 7ème art est toujours présent avec ces divertissements dansants et chantants. Loin du faste de Bollywood, "The Lunchbox" est une romance sociale. Il s'inscrit dans une Nouvelle Vague du cinéma indien. Autour d'une spécialité indienne, le jeune premier Ritesh Batra nous envoûte dans une histoire aux saveurs orientales.

Avant d'aller plus loin, il faut savoir que la lunchbox est une boite métallique où on dispose la nourriture. Une femme de la maison fait à manger le matin-même. Puis, les « dabbawalas » (livreurs de repas) réceptionnent le colis alimentaire vers 9h30 pour l'envoyer sur le lieu de travail du mari à 12h30. Etudié par l'université d'Havard, ce système de livraison est fiable. Une sur un million n'est pas livrée au bon propriétaire et c'est cette erreur qui va basculer deux solitudes.

C'est en partant de ce fait que le metteur en scène réunit Nimrat Kaur (Ila, la femme au foyer) et Irrfan Khan (Saajan, le travailleur). Ce dernier est très connu notamment pour sa participation dans des films internationaux (Slumdog Millionnaire ou L'Odyssée de Pi). Coup de cœur à Cannes, "The Lunchbox" est une révélation. Entre les deux protagonistes va se jouer un jeu de correspondance. À l'heure des e-mails, ce duo choisira de se laisser une petite lettre dans chaque lunchbox. Devant nous, difficile à dire si une histoire d'amour ou d'amitié est en train de naître. Ce qui est sûr, c'est que nos deux tourtereaux ne seront pas insensible à leurs petits mots doux. Le cinéaste choisit de les enfermer, chacun dans leur univers. Si la femme sera représentée à côté de la cuisine, l'homme sera au bureau. Ce métrage est aussi à l'image d'une Inde traditionnelle et conservatrice. Néanmoins, ce jeu d'échange épistolaire est une bonne idée car elle permet aux spectateurs de passer par plusieurs émotions. De plus, je trouve que l'idée de s'écrire des petits mots est plus élégant et classique. Mais c'est peut-être mon côté vieux jeu.

Ritesh Batra reflète la société indienne dans son premier long. En suivant les dabbawalas, nous pouvons voir des trains surpeuplés. Les conditions de transport sont difficiles, les routes sont encombrées et les bouchons s'accumulent. Pourtant malgré les nombreuses difficultés, les lunchbox arrivent à bon port et à l'heure. Il nous peint les conditions de travail dans les entreprises. Je remarque cette solitude qui se voit au travail au boulot comme à la maison. Alors l'Inde, une société individualiste ? En tout cas, à Bombay, on retrouve plusieurs mondes qui s'opposent mais film indien, oblige, on retrouve toujours la magie, l'authenticité et la beauté des plans. Une vraie poésie de la vie.

"The Lunchbox" met en appétit pendant tout le film. On déguste un scénario riche avec une mise en scène soignée. Un film sur un amour, une culture et une société. À découvrir d'urgence !

Auteur :Joris Naessens
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