16 septembre 2021
Critiques

The Lunchbox : Un cinéma intimiste

Par Diane Jacquin


"The Lunchbox" est une production indienne réalisée hors de Bollywwod. Un premier pas pour le metteur en scène Ritesh Batra qui a bâti son histoire sur une idée formidable : la trajectoire d'une lunchbox qui n'arrive pas à bon port. Deux mondes, deux quartiers, deux personnages qui ne se seraient jamais croisés dans cette immense ville de Bombay sans l'incident de cette lunchbox.

L'histoire est originale et nous apprend par la même occasion comment fonctionne la livraison des lunchbox par les « dabbawallahs (livreurs) ». Les conditions de vie indiennes présentent déjà, à elles seules, un vif intérêt et une curiosité pour le spectateur. Pour la petite histoire : tous les matins, les dabbawallahs amènent des plats chauds préparés par les épouses sur le lieu de travail de leurs maris, puis ils retournent les boites vides dans l'après-midi. Les dabbawallahs sont des illettrés et ils utilisent un système de codage couleurs pour livrer. L'Université d'Harvard a étudié leur système de livraison et conclu que seulement une lunchbox sur un million n'était pas acheminée à la bonne adresse. "The Lunchbox" est donc le récit de cette exception.

Des œuvres cinématographiques sur le destin qui mène nos vies, l'espoir qui vient d'endroits inattendus, c'est connu et classique à l'écran. Toutefois, Ritesh Batra change les codes de séduction et nous présente un long-métrage authentique et poétique avec une relation épistolaire faite de petits mots cachés dans les plats, à laquelle s'ajoute l'odeur envoûtante des épices et des moments d'exaltation et d'attente de la prochaine lunchbox. Il faut dire que le film est vraiment infusé de cette nostalgie pour les années 80 avec ses décors, ses vieux cafés et autres émissions TV que regardent les deux personnages.

Les portraits des deux principaux protagonistes sont globalement bien travaillés et très bien écrits. La solitude est leur point commun, dans l'isolement du mariage, ou dans celui du passé. Batra filme les contrastes qui les sépare, entre le monde clos des deux héros, leur vie confinée et la folie du labyrinthe de Bombay qui transbahute des millions de personnes de leur domicile à leur travail. La grande ville qui isole peut aussi se montrer bienveillante, pleine d'espoirs et de messages positifs.

"The Lunchbox" est finalement plein de profondeur et aborde avec subtilité différents thèmes (le monde du travail, la solitude dans les grandes villes, la famille, l'amitié, etc.). La qualité de l'écriture inscrit naturellement ce film dans la retenue, la pudeur et la simplicité. Du cinéma intimiste qui mérite d'être connu !

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