Critiques

The Nice Guys : Un futur film-culte ?

A quoi reconnaît-on un futur film culte ? Question très difficile, mais en y réfléchissant bien, ce doit sûrement être une question de mémoire : à quel point nous souvenons-nous du film, et surtout, que nous reste t-il en tête une fois rentré du cinéma ?

Les gags, blagues et autres punchlines comiques sont des indices majeurs quant au futur statut de « film culte » ou non… "The Nices Guys" apparaît donc comme bien plus prometteur que "Le Fantôme de Canterville" par exemple (qui semble avoir été réalisé dans le but de devenir une comédie familiale inévitable, mais qui a partiellement échoué) : nous ne tombons à aucun moment dans l'humour lourd ou l'excès de délirant. On a cependant notre dose de chutes comiques à répétition, de blague telle que : « On ne dit pas « et tout », on dit juste « Papa, y'a des putes » » qui nous arrachent un éclat de rire.

Cette réussite tient à deux éléments non négligeables : les acteurs, le scénario :

- Commençons par les acteurs… Le casting est au top, on ne peut le nier : entre Ryan Gosling et Russell Crowe, on ne sait dire qui a la carrière la plus impressionnante. Ce type de films semble dénoter dans leur filmographie (on a que rarement, voir jamais vu ni l'un ni l'autre dans ce type de registre), et pourtant elle ne fait que prononcer encore plus l'ampleur de leur talent. Ryan Gosling est ridiculement drôle, loin des rôles auxquels il nous a habitué dans "Drive", "The Places Beyond The Pines" ou en tant que « beau gosse adoré des jeunes filles » (si vous venez pour les abdos de Ryan, vous risquez d'être fortement déçu). Russell Crowe demeure dans un registre plus sérieux, se présentant comme le « bon gars » qui utilise la violence pour la bonne cause. C'est cette rencontre entre ces deux personnages assez différents en apparence qui est à l'origine de nos rires, et qui évite toute lourdeur de scénario et de jeux car il faut le redire, le casting est VRAIMENT au top. Jolie petite découverte également pour une actrice encore très jeune mais très prometteuse : Angourie Rice, l'interprète de Holly, la fille du détective privé March (R.Gosling). Elle est drôle et n'a pas froid aux yeux, un peu comme Chloë Moretz dans "Kick-Ass 2".

- Le second élément qui selon moi a permis la réussite du film est le scénario qui demeure « plausible » : on est dans une comédie, certes, dans du délirant parfois, mais le film reste un policier avec une intrigue qui capte notre attention jusqu'au bout. Le scénario tient la route, nous ne sommes donc pas dans une comédie type succession de sketchs, loin de là. L'humour est porté uniquement par les personnages principaux, de ce fait, nous évitons heureusement le scénario brouillon des films qui se veulent parfois trop délirant.

Un autre écueil évité de justesse : la touche mélodramatique. Il y en a un petit peu, mais juste de quoi donner de la profondeur à nos protagonistes et ne pas en faire des idiots ou des tabasseurs de compétitions, aucun violon ne se fait entendre HEUREUSEMENT. Le film a failli pourtant, à quelques reprises, en faire l'erreur, le « you will never be happy » se transformant dans les flammes en « you will be happy » à la fin, le détective branleur qui devient un héros pour honorer la promesse faite à sa fille pleine de bonté et d'innocence… Mais, je le répète, une fois de plus : malgré tout ces risques, on reste dans une vraie comédie, on ne tombe jamais dans le mélodramatique.

Pour résumer, on pourrait définir "The Nices Guys" comme étant une rencontre (très) brutale mais (très) réussie entre le film policier classique, héritier du film noir américain avec ses histoires de demoiselles disparues dans le milieu lugubre du porno, et de la comédie déjantée  portée par un parfait duo d'acteurs durant l'époque (très) colorée des années 70. Bref, un film à ne surtout pas manquer !
Auteure :Chloé Destombes
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