14 décembre 2019
Critiques

The Operative : La critique du film

Critique du film The Operative

par Alexa Bouhelier-Ruelle

On peut attendre de "The Operative" l’envie de se divertir devant un film d’espionnage somme toute conventionnel : du suspense, de la tension, du mystère au menu. Le tout en s'appuyant sur des personnages crédibles, avec des vies complexes et des dilemmes humains nuancés.

Alors, il est exact que "The Operative" propose quelques unes des émotions attendues telles celles citées précédemment, mais, malheureusement, le film, lui, est loin d'être abouti.

Le réalisateur Israélien, Yuval Adler, nous avait fait découvrir "Bethléhem", il y a maintenant six ans. Un premier long-métrage très efficace et prometteur, mettant en scène le conflit Israélo-palestinien. Cette fois-ci il nous présente un nouveau film d’espionnage, un brin compliqué.

S'il parvient à mettre en lumière les fils conducteurs de son intrigue pour la rendre plus lisible aux spectateurs, Adler échoue à instiller un véritable suspense. Pourtant, Yuval Adler avait au départ un avantage considérable : il a déjà travaillé sur plusieurs épisodes de la sérié américaine "Shooter", en 2013.
Diane Kruger, elle, interprétait déjà une femme qui avait du mal à accepter la mort de son fils et de son mari dans le film "In The Fade". C'était en 2017. Elle prouvait par la même qu’elle pouvait porter à elle seule le poids d’un long-métrage aussi douloureux que celui-ci. Un film qui lui avait valu un prix d’interprétation au Festival de Cannes.

Elle revient ici avec un rôle difficile et ancre cet agent du Mossad dans la réalité en gardant toujours une part de mystère. Si l’on devait retenir une seule chose de ce personnage, ce serait que Rachel est une femme poussée dans ses derniers retranchements, au sein d’un monde d’hommes sans pitié.

De son côté, Martin Freeman est un « gentil garçon », un rôle qui lui va comme un gant. Il se retrouve au sein d'un triangle amoureux entre Rachel et son nouveau compagnon : un playboy richissime rencontré lors de son infiltration en Iran.



"The Operative" est adapté de « The English Teacher », un roman écrit par un ancien agent des renseignements Israéliens, Yiftach Reicher Atir. Alors que le livre explorait plus en profondeur la pression psychologique de la vie sous couverture (mais aussi la capacité qu’ont les agents infiltrés de se perdre dans leur nouvelle identité), le film accomplit une tache d’analyse du personnage de Rachel très similaire en utilisant différents flash-back.

Entre la réapparition de celle que l’on connait sous le nom de Rachel Currin, et le récapitulatif de ses postes depuis ses débuts au Mossad, c'est là que Yuval Adler se perd parfois dans un film nourri de scènes en intérieur. Nous sommes donc bien loin de James Bond et de Jason Bourne !

Bizarrement, "The Operative" ne développe pas clairement un message politique pour un film qui se qualifie lui-même comme un portrait contemporain d'un des bras armés actifs au Moyen Orient. De plus, à part le petit excès de violence dont Rachel est témoin au début du film, Adler ne fait pas le choix d’accélérer le rythme pour autant.

Cependant une scène se démarque des autres : lorsque Rachel pénètre dans la salle des serveurs de Razavi Electronics, et se retrouve nez à nez avec un garde. Alors elle doit prendre une décision rapide et n’hésite pas une seconde. Hormis ce moment particulier, Yuri Adler semble bien plus intéressé par la mécanique qui vous fait devenir un parfait espion en infiltration, que par l’action en elle-même.

Ces dernières années, une vague de séries d’espionnage ultra-détaillées et singulièrement toniques s’est abattue sur nos petits écrans telle "Homeland". C’est en comparant avec des productions de ce calibre que "The Operative" parait un peu lent en passant le cap des deux heures.

En définitive, la performance des trois acteurs principaux est ce qui fait l’attrait principal de "The Operative".

Tous nos contenus sur "The Operative"
Toutes les critiques de "Alexa Bouhelier Ruelle"

ça peut vous interesser

Les Misérables : 1 millions d’entrées !

Rédaction

Arras Film Festival 2019 : La Fille au Bracelet

Rédaction

Countdown : La critique du film

Rédaction