1 décembre 2021
Critiques

The Revenant : Il mérite un Oscar !

"The Revenant" ou pourquoi il faut (enfin) remettre la petite statuette dorée à notre Léo. Beaucoup s'interrogent, s'étonnent, s'agacent ou s'exultent : quoi, Leonardo Dicaprio, l'inoubliable Jack de "Titanic" n'a JAMAIS eu d'oscar ? A plus de quarante ans ? Malgré de nombreuses performances à couper le souffle, perdre haleine, monter les poils, faire tomber la culotte et tout ce qui s'ensuit ? Pourtant, le problème (qui n'en est pas un) s'explique bien vite.

Depuis que le beau jeune homme ne cesse de s'émanciper de son image de toyboy, les rôles magistraux se suivent… Et se ressemblent. Terriblement. Alors, certes, au cinéma, il y a toujours eu deux écoles. Celle qui prône que le bon acteur peut tout jouer, de la comédie de noël au thriller décapant. Et la seconde école qui privilégie la qualité à la diversité. Leo est de ceux-là. Jusqu'à "The Revenant". Une filmographie fantasmagorique à faire saliver n'importe quel acteur amateur. Leonardo Dicaprio a tourné avec les plus grands. Tantôt muse de Martin Scorsese, il lui fait parfois infidélité pour Christopher Nolan ou Tarantino. Et ça marche toujours. Et pourtant.

A y regarder de plus près, son CV n'est qu'un immense puzzle homogène tant ses personnages se confondent tous. Faites le test, tentez un marathon de quelques-unes de ses meilleures performances. D'"Aviator" à "Arrête-moi si tu peux" jusqu'au "Loup de Wall Street". Seuls le patronyme et la couleur de cheveux semble avoir changé. Troublant. Peut-être est-ce une malédiction commune à toutes ces belles gueules d'Hollywood. Venu un certain âge, il est impossible de se renouveler. Le soldat Johnny Depp, irrécupérable, en fait les frais. Il est actuellement jugé comme l'acteur le moins bankable de l'année 2015.

Son camarade de l'excellent "Gilbert Grape" lui semble résolument prêt à changer la donne. Ainsi retrouvons-nous l'acteur amaigri, barbe d'hipster au vent. Finie la simple teinture pour préparer un rôle. Dicaprio est métamorphosé. Merci à toi, Alejandro González Iñárritu (à vos souhaits). Nous sommes tombés dans tes bras avec "Birdman" il y a quelques mois, et oui déjà. Nous retombons à nouveau et un peu plus fort. Pour ces images, cette photographie, si parfaitement léchée. Cette poésie ambiante. Et surtout pour avoir changé à tout jamais notre Leo si mal aimé. Plus rien de comparable avec la mégalomanie d'un "Gatsby Le Magnifique". De l'inconsolable veuf de "Shutter Island" ou encore d'"Inception". De la confiance absurde pour ne pas dire ridicule de "Django Unchained". Dicaprio retrouve un second souffle en Hugh Glass, trappeur blessé laissé à l'abandon.

Alors certes, les fidèles détracteurs de premières pointeront de leurs doigts boudinés l'aspect surhumain du personnage. Capable de survivre face à un ours ou à une chute vertigineuse de plusieurs mètres. Dans des conditions climatiques hostiles. Alors oui, c'est vrai. Un optimisme adjacent veille au grain. Et au fond qu'importe. Nous ne pouvons que compatir pour cet homme qui voit, impuissant, son fils assassiné sous ses propres yeux. Qui, pour se protéger du blizzard, il se retrouve à utiliser le corps d'un cheval décapité comme grotte d'infortune. C'est tout bonnement simple : nous oublions le grand acteur devenu, nous partons à la rencontre d'un nouvel être. Le corps presque en décomposition, la patte folle, les yeux vitreux. L'homme, à l'image de son personnage, renaît sous nos yeux ébahis. Qui, à la manière d'un shérif de western, fera ce qu'il faut pour venger sa défunte progéniture.

"The Revenant" est un conte post-noël qui mérite amplement tout le tohu-bohu proposé depuis l'année dernière. Si tous les yeux seront incontestablement rivés sur Leo, son plus grand challenger n'est autre que son partenaire Tom Hardy. On l'avait aimé en héros solitaire dans "Mad Max Fury Road". On adore le détester dans ce rôle d'ordure qui donne une grosse claque aux pitreries de Christoph Waltz. Alors encore merci, Alejandro. D'avoir brillé là où Ridley Scott, avec sa comédie spatiale, "Seul sur Mars", avait échoué. Enfin un véritable combat homme versus nature. Nous n'en attendions pas tant. Nous ne nous en plaindrons que si peu.

Auteure :Mélissa Chevreuil
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